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Economie circulaire : levier d’innovation, de compétitivité et de notoriété

Ce 30 mars 2017, la société américaine Space X vient de réussir son pari : envoyer un satellite dans l’espace avec un lanceur dont le premier étage a été recyclé. Mieux, Elon Musk démontre qu’il est possible d’offrir des services ultra-performants et développer de nouveaux marchés en actionnant l’économie circulaire. Ce nouveau modèle décuple la compétitivité et ouvre une voie pour démocratiser d’autres secteurs : bientôt le vôtre ?

Diminuer les coûts par l’économie d’échelle

A l’heure de la mondialisation, la compétitivité est clairement une des clés de succès pour de nombreux business. Dans cette perspective, certains secteurs comme l’automobile partent à la chasse aux coûts pour gagner en compétitivité : harmonisation des pièces pour réaliser des économies d’échelle, optimisation tous azimuts (fournisseurs, fonctions support, etc.). Renault comme PSA doivent en partie leur succès à cette approche « linéaire » optimisée (cf. article).

Maximiser les ressources par l’économie circulaire

L’autre approche revient à revoir intégralement le modèle économique et de production avec l’économie circulaire : c’est l’esprit des lanceurs de Space X. La réflexion porte sur l’usage et l’effort d’optimisation s’effectue à chaque étape du cycle du produit pour que la même ressource fournisse le maximum de service. Ici, la partie la plus noble et la plus chère, le premier étage du lanceur, est recyclée. Mais si la rentabilité liée à la production des lanceurs de Space X ne semble finalement pas aussi élevée qu’attendue (cf. article), l’entreprise aura gagné sur bien d’autres tableaux.
En effet, s’il on considère le projet dans sa globalité, à savoir l’approvisionnement en matières premières, la production, la distribution, l’utilisation et la fin de vie, Space X se dote d’une visibilité médiatique mondiale quasiment gratuite : un sérieux avantage compte tenu de la part importante du budget communication pour la notoriété d’une marque.
Au-delà de la communication, les entreprises qui s’inscrivent dans l’économie circulaire limitent leurs risques d’accès aux matières premières et s’exposent moins aux taxes sur la fin de vie, deux risques qui pourraient s’avérer couteux dans les prochaines années.

Penser et agir « circulaire » sur la globalité de projet est un modèle d’avenir, Space X en est l’illustration .

Relevez le défi énergétique

plongeoirTaxe carbone blague
Alors que certains attendent fiévreusement l’application de la taxe carbone (17 € / tonne de CO2, soit environ 4 cts d’euros par litre d’essence), le prix du baril de pétrole reprend sa progression, doucement mais surement. A titre de comparaison, l’augmentation spectaculaire du prix du pétrole entre 2005-2008 était équivalent à une taxe carbone à 100 € / tonne de CO2. Bref, l’impact de la fiscalité verte en 2010 restera bien plus modéré que celui issu du marché, qui peut être violent !
Une certitude, la facture énergétique s’alourdit. Il est donc temps de réduire sa dépendance, mais par où commencer ?

Postes consommateurs
Pour les entreprises, l’énergie est présente à plusieurs niveaux : les « intrants », c-à-d les matières premières nécessaires à la fabrication d’un produit, le fret, les emballages, les déplacements, etc (voir graphique ci-après). Ces postes sont donc à étudier de près.
Évidemment, l’énergie consommée pour faire fonctionner le produit fini est également un élément clé puisque les consommateurs sont davantage sensibilisés à la sobriété énergétique. Les comportements d’achats s’orientent d’ailleurs vers des produits sobres, encouragés parfois par des aides (bonus écologique pour les voitures par exemple).

Outils de mesure
Pour réduire sa dépendance énergétique, l’entreprise doit savoir combien elle consomme par postes.
La première démarche consiste à étudier les factures d’électricité et de carburants : le résultat est limité.
On sait par ailleurs que l’utilisation d’énergie dégage des émissions de CO2. Dès lors, pour avoir une vision claire et exhaustive de la dépendance énergétique d’une entreprise, il faut connaître son niveau d’émissions de CO2.
Plusieurs méthodes existent. La plus connue en France est le Bilan Carbone® élaborée par l’Ademe. Outre l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre (et donc la contribution au réchauffement climatique), ces outils permettent de mesurer les postes les plus consommateurs d’énergie et donc d’apprécier l’impact d’une augmentation tarifaire sur leur activité.
Une autre méthode est pertinente pour optimiser les besoins en ressources et en énergie d’un produit, c’est l’analyse du cycle de vie (ACV). Cette méthode s’attarde notamment sur la fonction d’un produit.

Impacts
Le schéma ci-dessous (source Ademe) met en perspective l’impact de l’augmentation du prix des carburants sur les postes d’une entreprise, en termes environnemental (émissions CO2) et financier.

bilan_carbone_ademe

Ce tableau montre que les entreprises qui utilisent beaucoup d’intrants, de fret et d’emballages, seront très fortement impactées financièrement par une augmentation du prix des énergies (pétrole principalement).
Autre enseignement, les grandes entreprises qui veulent limiter leurs émissions de GES doivent se concentrer principalement sur les intrants et les déplacements. A titre d’exemple, le développement du covoiturage et de la téléconférence témoignent de cette prise de conscience pour limiter le poste « déplacements ».
En somme, ce type d’outils permet d’identifier les postes prioritaires à traiter.

Opportunités
La diminution des émissions de gaz à effet de serre n’est globalement pas perçue comme une urgence. En revanche, l’augmentation du prix de l’énergie va devenir une réalité bien visible : nos modes de vie, de production et de consommation vont être bouleversés. De fabuleuses opportunités s’offrent aux entreprises pour s’adapter à la nouvelle donne : des nouveaux produits moins énergivores et plus robustes, de nouveaux services orientés sur la fonctionnalité et moins sur la propriété, etc.
Relever le défi énergétique, c’est faire une pierre trois coups : meilleure rentabilité, croissance du chiffre d’affaires et préservation de l’environnement. Jetez-vous à l’eau, elle est chaude.

Crédit photo : http://www.flickr.com/photos/ciljane/3588174291/

Développement durable : cher et pas rentable ?

Comme toute tendance croissante, le développement durable a ses détracteurs. Par idéologie ou tout simplement par manque de connaissances, la démarche durable et responsable rencontre des objections du type : « faire durable est coûteux », « engager une politique sociale rapporte peu » ou encore « les placements responsables sous-performent ».
Ci-dessous quelques réflexions pour apporter un autre point de vue sur la rentabilité d’une démarche durable.

Pourquoi moins imprimer ?

Un collaborateur consomme en moyenne 30 ramettes de papier par an (source Ademe), soit environ 75 kg de papier, 15.000 pages, 30 arbres. Limiter l’impression est un objectif que se donnent de nombreuses entreprises, pourquoi ?