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Packages bancaires, une drôle de cuisine

cuisine

Bercy plonge à nouveau son nez dans les frais bancaires. Opacité, coût trop élevé, manque de concurrence sont les points noirs que Mme Lagarde voudrait voir éclaircis.

Le journal Les Échos consacre aujourd’hui un dossier sur le sujet. J’ai analysé durant plusieurs années les packages bancaires. Je vous livre ma contribution, qui ouvrira sans doute un débat passionnant : Packages bancaires, une drôle de cuisine.

Le budget bancaire, puisqu’il s’agit bien d’un poste à part entière, est mesuré par de nombreux organismes (notamment les associations de consommateurs et autres sites comparatifs comme www.testepourvous.com ) depuis plus de 10 ans. Ce budget a connu une croissance supérieure à 50% avec l’apparition des packages sans grande émotion. Aujourd’hui, près d’un client sur deux en est « équipé ». Très rémunérateur, facile à vendre : une aubaine pour les banques, mais pour les clients ?

La pratique des packages n’est pas limitée au secteur bancaire et n’est pas mauvaise en soi : vous appréciez sans doute « le menu » de votre restaurant préféré avec son entrée + plat + dessert à prix compétitif. Pour que le client soit satisfait, il doit savoir ce qu’il mange et comprendre son intérêt. Voilà les deux principales critiques faites aux packages bancaires : le client ne sait pas quels services sont inclus et ne comprend pas l’économie réalisée.

Les restaurateurs usent de simplicité : ils communiquent sur les produits payants dans le menu. La présence du pain, des couverts ou de la carafe d’eau serait incongrue dans le menu, n’est-ce pas ? Dans la même veine, il n’y a pas 2 entrées et 2 desserts, voire 2 kilos de pain : le menu se borne à l’essentiel. Enfin, les menus sont axés sur les attentes majeures : le plat principal. Il ne viendrait pas à l’idée d’un restaurateur de faire une formule entrée + dessert. Bref, de la visibilité (transparence) et du bon sens.

De leur côté, certaines banques garnissent leurs packages de services gratuits (service téléphonique) pour donner l’impression de profusion et multiplient les services d’utilité rare (2 chèques de banque). Enfin, la carte de paiement (plat principal) n’est pas toujours dans le package. De la tambouille ?

Les forfaits ont de réels atouts s’ils sont simples et lisibles. Ils sont plébiscités par les consommateurs, comme les formules « tout compris » des voyagistes par exemple. Faire simple est parfois compliqué (démonstration avec les forfaits de téléphonie mobile) mais faire compliqué est toujours simple.

Pour conclure, les banques ne sont pas différentes de la majorité des entreprises : elles agissent sous la pression des clients et des pouvoirs publics. Jusqu’à présent cette pression est restée faible, pourquoi changer ? L’initiative de Christine Lagarde ouvre de nouvelles opportunités pour les banques, à commencer par simplifier les offres et réfléchir sur le coût global des prestations. Pour le succès de cette démarche, elles peuvent s’ouvrir aux parties prenantes.
Il y a là un gisement d’innovations bénéfiques pour les clients et pour la banque.

Gagner sur un marché atone : le cas du textile

patagoniaLe développement durable peine à s’imposer dans le secteur du textile. D’après une récente étude de l’Institut Français de la Mode, la part de la consommation de vêtements bio ou éthiques ne représente que 1.5 % des ventes. Les prévisions pour les 2 prochaines années vont doubler (3% en 2012) mais le comportement reste encore très marginal.

Malgré une attention croissante des consommateurs pour la protection de l’environnement et pour les achats éthiques, le passage à l’acte reste difficile. Les raisons ? des prix souvent élevés, un style pas suffisamment « tendance » et un manque de confiance.

Ce qui est vrai pour le textile l’est aussi pour d’autres secteurs, les mêmes causes produisant les mêmes effets : à savoir une consommation marginale pour des marchés de niche.

Toutefois, ce n’est pas une raison pour ne pas se lancer sur cette voie. Le contre-exemple vient d’Amérique, avec Patagonia, une entreprise de vêtements de loisirs dirigée par un patron charismatique et de surcroît surfeur. Les articles* de presse sont nombreux pour vanter le modèle de Patagonia : vêtements utilisant des produits recyclés (veste polaire réalisée à partir de bouteilles en plastique), traçabilité des matières premières, conditions de travail soignées, solidarité encouragée, etc.
L’entreprise a su construire un modèle cohérent et profitable. Et prouve au passage que la voie existe et qu’elle peut mener au succès.

Je recommande chaudement la lecture de l’interview de YVON CHOUINARD, parue dans Les Echos

Quels grands défis doivent relever nos industries ?

co2

A l’occasion de la conférence à Copenhague, nous relayons une étude sur l’impact des grands secteurs industriels français sur le climat.

WWF et Vigéo éclairent notre réflexion sur les grands défis que doivent relever nos entreprises, par secteurs, ainsi que des pistes de progrès. C’est clair, synthétique et prospectif : télécharger l’étude

Crédit Photo : http://www.flickr.com/photos/cstein96/2272910912/

Apidae lance un benchmark sur les produits financiers durables

logo_headerEnjeux des banques et assureurs
Les banques et assureurs ne sont pas perçus comme des acteurs polluants. En effet, leur impact écologique direct reste modéré par rapport à des industries telles que la sidérurgie ou la production de matériaux de construction (ciment). Néanmoins, le secteur bancaire a une réelle responsabilité environnementale et sociale en finançant l’économie « réelle ». Cette responsabilité est même fondamentale.
Bien sûr, en tant qu’entreprise, les banques ou assureurs ont aussi des objectifs de réduction de leur impact environnemental (efficacité énergétique des bâtiments par exemple) mais aussi d’amélioration des conditions de travail de leurs collaborateurs tout en veillant à la diversité.

Des offres et des différences
Pour répondre à ces enjeux, les banques prennent des voies variées, et pour être plus précis, elles sont en train de les construire. Certaines font preuve d’innovation, d’autres restent à l’écart, en fonction des marchés (particuliers, professionnels, associations).
Les questions stratégiques ne manquent pas : faut-il positionner une offre sur le développement durable ? Comment le faire ? Quelles sont les opportunités à saisir ? Que font les concurrents ? Comment conquérir de nouveaux clients avec le développement durable ?

Découvrir pour agir
Pour y voir clair, Apidae propose un benchmark complet : quelles sont les offres bancaires «développement durable» et à quels enjeux répondent-elles ? Qui distribue ces offres et quels sont les établissements en avance ?
11 établissements passés au crible, plus de 150 produits recensés (services bancaires, placements, crédits, assurances) sur les marchés des particuliers (+ jeunes), professionnels (+agriculteurs), entreprises, associations et collectivités.

Conditions préférentielles (-20%) pour toute souscription avant le 15 décembre 2009.

Formule DUO, formation* + benchmark, pour booster votre offre bancaire et inspirer vos équipes marketing (*Possibilité de facturation sur le budget formation).

Pour en savoir plus, nous contacter

Occuper le terrain et communiquer

Seine_st_denisCertaines entreprises font du développement durable sans le savoir, il y a celles qui en font mais qui n’osent pas le faire valoir (par prudence, pour ne pas s’exposer), et il y a celles qui valorisent leurs actions. Illustration par BNP Paribas.

Bousculade
Dans le domaine bancaire, l’engagement local est le cœur de la stratégie des établissements mutualistes (Banque Populaire, Caisse d’Epargne, Crédit Agricole, Crédit Mutuel CIC) : ils revendiquent une forte proximité avec leurs clients, financent le développement des entreprises locales et soutiennent l’activité sociale (fondation, emploi).
Depuis deux semaines, BNP Paribas bouscule cet état de fait et s’impose comme un acteur local de poids dans une zone défavorisée : le département de Seine-Saint-Denis. La banque égrène ses actions sur l’emploi (premier employeur privé, recrutement de jeunes, etc.), sur sa responsabilité sociale et son soutien à la vie culturelle. Plus de détail sur la communication de BNP Paribas, cliquer ici.

Commentaires
– BNP Paribas se construit une image de proximité et de solidarité (et cherche à compenser une image écornée par la crise financière et les bonus) ;
– Plus généralement, pour communiquer, il ne faut pas forcément faire plus, mais valoriser ce qui a été fait ;
– Si vous n’osez pas communiquer sur vos actions « responsables et durables », un concurrent le fera à votre place.

Crédit photo : http://www.flickr.com/photos/esprit93/2248707940/

Relevez le défi énergétique

plongeoirTaxe carbone blague
Alors que certains attendent fiévreusement l’application de la taxe carbone (17 € / tonne de CO2, soit environ 4 cts d’euros par litre d’essence), le prix du baril de pétrole reprend sa progression, doucement mais surement. A titre de comparaison, l’augmentation spectaculaire du prix du pétrole entre 2005-2008 était équivalent à une taxe carbone à 100 € / tonne de CO2. Bref, l’impact de la fiscalité verte en 2010 restera bien plus modéré que celui issu du marché, qui peut être violent !
Une certitude, la facture énergétique s’alourdit. Il est donc temps de réduire sa dépendance, mais par où commencer ?

Postes consommateurs
Pour les entreprises, l’énergie est présente à plusieurs niveaux : les « intrants », c-à-d les matières premières nécessaires à la fabrication d’un produit, le fret, les emballages, les déplacements, etc (voir graphique ci-après). Ces postes sont donc à étudier de près.
Évidemment, l’énergie consommée pour faire fonctionner le produit fini est également un élément clé puisque les consommateurs sont davantage sensibilisés à la sobriété énergétique. Les comportements d’achats s’orientent d’ailleurs vers des produits sobres, encouragés parfois par des aides (bonus écologique pour les voitures par exemple).

Outils de mesure
Pour réduire sa dépendance énergétique, l’entreprise doit savoir combien elle consomme par postes.
La première démarche consiste à étudier les factures d’électricité et de carburants : le résultat est limité.
On sait par ailleurs que l’utilisation d’énergie dégage des émissions de CO2. Dès lors, pour avoir une vision claire et exhaustive de la dépendance énergétique d’une entreprise, il faut connaître son niveau d’émissions de CO2.
Plusieurs méthodes existent. La plus connue en France est le Bilan Carbone® élaborée par l’Ademe. Outre l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre (et donc la contribution au réchauffement climatique), ces outils permettent de mesurer les postes les plus consommateurs d’énergie et donc d’apprécier l’impact d’une augmentation tarifaire sur leur activité.
Une autre méthode est pertinente pour optimiser les besoins en ressources et en énergie d’un produit, c’est l’analyse du cycle de vie (ACV). Cette méthode s’attarde notamment sur la fonction d’un produit.

Impacts
Le schéma ci-dessous (source Ademe) met en perspective l’impact de l’augmentation du prix des carburants sur les postes d’une entreprise, en termes environnemental (émissions CO2) et financier.

bilan_carbone_ademe

Ce tableau montre que les entreprises qui utilisent beaucoup d’intrants, de fret et d’emballages, seront très fortement impactées financièrement par une augmentation du prix des énergies (pétrole principalement).
Autre enseignement, les grandes entreprises qui veulent limiter leurs émissions de GES doivent se concentrer principalement sur les intrants et les déplacements. A titre d’exemple, le développement du covoiturage et de la téléconférence témoignent de cette prise de conscience pour limiter le poste « déplacements ».
En somme, ce type d’outils permet d’identifier les postes prioritaires à traiter.

Opportunités
La diminution des émissions de gaz à effet de serre n’est globalement pas perçue comme une urgence. En revanche, l’augmentation du prix de l’énergie va devenir une réalité bien visible : nos modes de vie, de production et de consommation vont être bouleversés. De fabuleuses opportunités s’offrent aux entreprises pour s’adapter à la nouvelle donne : des nouveaux produits moins énergivores et plus robustes, de nouveaux services orientés sur la fonctionnalité et moins sur la propriété, etc.
Relever le défi énergétique, c’est faire une pierre trois coups : meilleure rentabilité, croissance du chiffre d’affaires et préservation de l’environnement. Jetez-vous à l’eau, elle est chaude.

Crédit photo : http://www.flickr.com/photos/ciljane/3588174291/

Développement durable : cher et pas rentable ?

Comme toute tendance croissante, le développement durable a ses détracteurs. Par idéologie ou tout simplement par manque de connaissances, la démarche durable et responsable rencontre des objections du type : « faire durable est coûteux », « engager une politique sociale rapporte peu » ou encore « les placements responsables sous-performent ».
Ci-dessous quelques réflexions pour apporter un autre point de vue sur la rentabilité d’une démarche durable.