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Parfums et cosmétiques, tendance durable (et équitable)

IMGP4207Le secteur du parfum est un monde exaltant de notes olfactives et de voyage des sens. La création d’un parfum relève de l’art.
En coulisses de la création artistique, toute une industrie est à l’œuvre. Et évidemment, les entreprises du secteur de la parfumerie et plus globalement de la cosmétique ont une responsabilité vis-à-vis de la planète et de ses habitants. Tour d’horizon des impacts et de la responsabilité d’un secteur un peu confidentiel.

Contexte : luxe et nouveautés, durable ?

Si le parfum se retrouve dans de nombreuses applications (de l’eau de toilette aux savons et crèmes, en passant par les détergents et parfums d’ambiance), on l’associe volontiers à l’univers du luxe, avec ses marques prestigieuses et son marketing puissant.
Aussi, les codes du luxe sont-ils compatibles avec le développement durable ? Novethic livre une première réponse à cette question (lire l’article), complétée par un autre article le « mix marketing du luxe responsable« . D’autres acteurs de ce segment proposent aussi leur lecture du « luxe respectable » (voir par exemple les actions de l’hôtel Fouquet’s Barrière). Enfin, preuve d’une prise de conscience, le luxe durable a désormais son salon : 1618-paris.com.
Par ailleurs, les lancements prolifiques de nouveaux produits caractérisent le secteur de la parfumerie et des cosmétiques. Normal, diront certains, qu’un produit « mode » colle à l’air du temps et qu’il épouse la tendance. Les détracteurs retiendront que ce rythme effréné est synonyme de qualité parfois approximative, où la communication passe avant la créativité olfactive, et que toutes ces nouveautés visent à soutenir artificiellement la consommation. Bref, que ce n’est pas durable.
Nouveautés et durabilité peuvent s’accorder à partir du moment où l’innovation vient apporter une réelle valeur ajoutée pour le client, la planète et les autres parties prenantes.

Bilan carbone

Natura Brasil, important producteur et distributeur de produits cosmétiques, a effectué un bilan carbone. Et, plutôt rare pour être relevé, Natura Brasil joue la transparence et affiche l’impact carbone de son activité (voir ci-dessous, sinon sur www.naturabrasil.fr). Très instructif, on peut voir que les impacts majeurs en terme de CO2 concernent les matières premières, les emballages et le transport. Quelques illustrations des impacts ci-après.

Des matières premières gorgées de vie et de sens

Comme pour la cuisine raffinée, un parfum peut être exceptionnel s’il est composé d’ingrédients (matières premières) d’exception. Et du côté des matières premières, la responsabilité des entreprises est importante puisqu’elles doivent intégrer les enjeux environnementaux et sociaux suivants : préservation de la biodiversité, méthodes d’extraction peu polluantes, respect des conditions de travail des populations en charge des récoltes, limitation de la déforestation, transport (acheminement), etc.
Si ces enjeux doivent être traités avec soin, c’est parce que des excès ont eu cours : bio-piraterie, déforestation, exploitation des populations locales. Des dérives dénoncées par des ONG à coup d’opérations musclées (Dove, par exemple, en a fait l’amère expérience sur l’huile de palme).
C’est pourquoi de nombreuses entreprises exercent leur responsabilité et se mobilisent pour apporter des réponses à ces enjeux :
–    The Body Shop, avant-gardiste sur le développement durable, multiplie les actions en faveur des producteurs grâce à son programme Community Trade et se préoccupe de la responsabilité de ses fournisseurs (exemple : The Body Shop vient de résilier son contrat avec un fournisseur d’huile de palme (voir l’article)),
–    Yves Rocher œuvre et plaide pour la protection de la biodiversité, notamment à la conférence internationale à Nagoya (lire l’article),
–    Terre d’Oc développe une filière d’argan équitable au Maroc, Thémis propose une gamme de produits avec des ingrédients équitables certifiés Max Havelaar, etc.
Pour conclure, aux entreprises d’être plus transparentes sur leurs matières premières, et aux consommateurs d’y prêter davantage d’intérêt. Il y a de la vie et de la nature dans un parfum, de quoi l’enrichir de sens.

La logistique, économique et écologique

Les transports sont très présents dans ce secteur : des récoltes acheminées par camions aux ports, des bateaux ou avions pour importer les matières premières issues principalement de l’hémisphère sud. A ces flux s’ajoute la logistique dans les pays où seront réalisés et distribués les produits finis. Sur les derniers maillons de la chaîne, les logisticiens recherchent l’optimisation des coûts et des délais, qui profite également à l’environnement. A titre d’exemple, L’Oréal ou Sisley ont récemment investi dans des plateformes logistiques HQE. A la clé, des coûts d’exploitation moindres mais aussi des réductions d’émissions de CO2 et des impacts moindres sur l’environnement (voir les articles sur L’Oréal et Sisley). Autre entreprise impliquée dans une logistique plus « verte » : Séphora. L’enseigne a opté pour l’approvisionnement dans 22 villes en France avec des camions électriques. Résultat : 1000 tonnes de CO2 économisées par an, soit 30% des émissions de CO2 de Séphora pour son seul transport.

Des emballages éco-conçus

Last but not least, les emballages sont à leur tour au centre des attentions. On ne peut pas dire que les initiatives se multiplient, mais certaines sont suffisamment significatives pour être prises en exemple.
La fontaine à parfum, initiée par Thierry Mugler, est une réussite sur le plan environnemental. L’idée est de « recharger » les flacons en parfumerie.
Givenchi et tout récemment Kenzo proposent des recharges pour certains parfums, comme Flower. La marque Kenzo indique que les recharges réduisent les émissions de CO 2 de près de 66% (voir l’article sur osmoz.fr).
parfums-eco-concus-emoi-infiniCertaines marques s’attaquent au suremballage en supprimant les notices papier ou en portant des efforts sur le coffret (carton allégé, absence de colle). Les flacons ne sont pas en reste : verre recyclé, teinte non chimique, spray dévissable. La gamme EMOI est à priori l’un des projets les plus aboutis en matière d’éco-conception (voir l’article). D’ailleurs, une étude récente d’Ipsos montre que les consommateurs sont de plus en plus attentifs aux efforts des entreprises sur les emballages (voir l’étude).

Le secteur des cosmétiques et de la parfumerie s’inscrivent dans des démarches responsables. Sachant que leurs produits seront largement plébiscités pour les fêtes de fin d’année, espérons que les choix des consommateurs porteront sur des produits aux doux parfums d’éthique et durables.

Restez informés

Apidae s’implique fortement sur le secteur de la parfumerie et anime un compte twitter sur les parfums équitables et durables : à suivre sur parfums_dd
De plus, Apidae propose une vision d’ensemble des parfums et cosmétiques durables et équitables sur une cartographie : le cycle de vie du produit et les tendances de consommation sont identifiés et illustrés d’articles de presse. Voir la carte et proposer des articles.

Suivre les enjeux durables des cosmétiques et parfums sur une carte

Consommateurs peu convaincus, sincérité des entreprises peu visible

Les consommateurs ne sont pas massivement convaincus par le développement durable et son apport de valeurs aux produits. La communication « green » lasse, le scepticisme gagne, la qualité des produits durables est encore parfois perçue comme insuffisante, etc. Pourtant, loin des logiques de pure promotion, des entreprises agissent. Elles créent des produits innovants et font preuve d’ingéniosité pour rivaliser avec les produits standards. Relayer leurs actions est une des clés d’un changement d’ère de consommation, qui tient à la sensibilisation des consommateurs et à l’intégration de modèles de production vertueux par les entreprises.

Une carte collaborative

La technologie permet aujourd’hui de partager des connaissances entre les diverses parties prenantes. Veiller sur les attentes futures des consommateurs (tendances) et sur les actions mises en œuvre par les entreprises est la première étape. Mettre ces informations en perspective et créer une dynamique de partage entre les parties prenantes, pour progresser : voilà une opportunité exaltante.

Comment ça marche ?

Visualisez la carte parfums et cosmétiques durables en cliquant ici. Le secteur est abordé par le cycle de vie d’un produit (matières premières, production, distribution, consommation, fin de vie), complété par des volets « généralités », « bilan carbone » et « tendances ». Pour chaque volet, vous pouvez découvrir des informations en cliquant sur « + » et accéder à un article en cliquant sur la « flèche ». Enfin, cette carte est mise à jour au fil de nos lectures et autres échanges sur le net. Et bien sûr, vous pouvez nous aider à compléter la carte : contactez nous

Thèmes abordés : senteurs, beauté et soins durables et équitables

Commerce équitable, bio et naturel, certification, éco-conception, packaging, chimie verte, logistique, greenwashing, éco-communication, déchets, bilan carbone, tendances (luxe, bio, générosité / social, etc.), risques… : tels sont les mots-clés utilisés pour construire cette carte sur les parfums et cosmétiques durables.

L’Iso 26000, la norme hors norme (part 1)

L’année 2010 s’est clôturée en fanfare pour le développement durable avec la sortie de l’ISO 26000.
2011 commence tout naturellement avec « l’explication de texte » par les différents promoteurs de la norme, à commencer par l’AFNOR (en France).
Il faut dire que ce n’est pas superflu et les habitués des normes vont découvrir que l’Iso 26000 n’en n’est pas une !

Hors norme

Contrairement aux normes classiques qui portent sur des systèmes de management, l’iso 26000 se concentre sur la stratégie de l’entreprise et repose fortement sur la gouvernance de l’organisation. Dès lors, le sujet ne prête pas à la « conformité » binaire, mais plutôt à l’évaluation progressive. C’est pourquoi l’iso 26000 n’offre pas une certification mais une évaluation selon 4 niveaux (Engagement, progression, maturité, exemplarité).
Pour l’Iso 26000, on parle d’ailleurs plus volontiers de « lignes directrices » et non pas de norme. Point positif, les entreprises auront l’initiative de faire grandir leur stratégie avec « un guide » et non pas avec une liste d’exigences rigides.

Indigeste ?

L’Iso 26000 est un document lourd, plus de 120 pages. A cela, les premiers à s’y frotter ont jugé la sémantique difficilement accessible. C’est bon pour le commerce des consultants et autres organismes d’accompagnement, mais pas terrible pour une diffusion à grande échelle auprès des TPE et PME. Le temps de la vulgarisation viendra, c’est sûr, afin que la norme ne reste pas un outil confidentiel aux mains des grands groupes internationaux. Aussi, l’Afnor est sur le pied de guerre pour expliquer et promouvoir la Responsabilité Sociétale des Entreprises avec ce nouvel outil. Vous trouverez le calendrier des manifestations et la documentation pédagogique en cliquant ici.

Iso 26000 / SD 21000

L’Iso 26000 remplace en France le référentiel SD 21000. La nouvelle norme intègre davantage d’éthique et de gouvernance aux dépens d’un esprit « opérationnel » qui était apprécié par les entreprises. D’ailleurs, bon nombre d’observateurs attendent avec impatience la version « guide méthodologique / diagnostic » pour l’iso 26000, comme c’était le cas pour le SD 21000. Côté sémantique, les « enjeux » deviennent des « questions centrales ».
Nota (17/02/2011) : L’Afnor vient de publier le guide d’évaluation de l’Iso 26000. Un premier document de méthode pour l’iso 26000 à télécharger gratuitement sur la boutique certification.

7 Questions centrales

Pour conclure

L’iso 26000 définit le périmètre du Développement Durable pour une organisation. Les néophytes découvriront que le DD ne se limite pas à la protection de l’environnement, qui représente une seule question centrale.
Bien sûr, le dialogue et la prise en compte des attentes des parties prenantes (clients, fournisseurs, société civile, associations, etc.) demeurent l’essence du développement durable.
A suivre, le détail de chacune des questions centrales.


Compensation carbone, pensez-y

Le CO2 dans l’ombre médiatique

Il y a bien un post Capenhague, avec comme première victime l’oubli médiatique du réchauffement climatique et de la nécessité de traquer le CO2 (pour s’éveiller sur le sujet : manicore.com). Il faut dire qu’avant le sommet, nous avons ingurgité du changement climatique à très haute dose, jusqu’à indigestion.

Il est frappant de constater que depuis décembre 2009, d’autres événements ont tenu en haleine les français : l’épidémie H1N1, les produits du bio à 1 euro, la folie du photovoltaïque et maintenant la voiture électrique.

L’éclairage médiatique s’est donc détourné du CO2, pour nous divertir avec des scoops plus frais. L’empreinte carbone est-elle encore une urgence ?

Le CO2 reste une priorité

Comme beaucoup d’autres sujets de fond, il y a une vie avant et après les paillettes médiatiques. Les professionnels ne chôment pas : les outils de mesure de CO2 se font plus nombreux (voir récap des calculateurs pour les particuliers : terra Eco), et s’adaptent à chaque secteur (exemple pour évaluer le CO2 émis par le bâtiment, voir l’article sur www.blog-durable.net ). Le marché innove, se structure et s’industrialise : matériaux, éco-conception, énergie renouvelable, etc. Les entreprises investissent et s’équipent, le tout dans l’ombre. Tout ce petit monde accélèrerait sans doute le mouvement si ces efforts étaient davantage valorisés et reconnus, mais c’est déjà mieux que rien !
Par ailleurs, avec la crise, les particuliers s’y mettent également malgré eux : tourisme de proximité, transports en commun, achats de produits locaux. Toutes ces actions économiques et parfois volontairement solidaires ont un effet positif sur la réduction des émissions de CO2.

Commentaire cynique : les traders en plongeant le monde dans la crise ont permis de diminuer de 3% les émissions de CO2 en une année : imbattable !

Campagne_CO2_OxfamRéduire puis compenser

En matière d’émissions de CO2, il faut d’abord commencer par réduire sa consommation d’énergie et espacer davantage ses achats. Et en plus des efforts pour limiter la consommation d’énergie, certains veulent aller plus loin et caresser l’espoir d’être « carbone neutre », c’est-à-dire que toutes les émissions de CO2 produites soient compensées par des programmes environnementaux qui réduisent la production de CO2 (plantation de forêts par exemple).

En la matière, les organismes de compensation carbone se mobilisent. Après les transports, la compensation se décline sur d’autres secteurs, et notamment celui d’Internet. Les comptes sont faits et il s’avère qu’Internet pollue : il faut beaucoup d’énergie pour que les serveurs puissent fonctionner (Greenpeace s’attaque à Facebook qui fait tourner ses serveurs avec de l’électricité produite par des centrales au charbon : voir la vidéo ludique et pédagogique).

Parmi les acteurs qui compensent le CO2 des sites internet, notons l’initiative de www.durable.com . Il est possible de disposer d’un widget que l’on intègre à son site web. L’application calcule l’empreinte de votre site et compense vos émissions, gratuitement si elles sont faibles. Apidae.fr est équipé du widget, voir dans la colonne de droite, en dessous des mots-clés, icône « éco-engagé ».

Blogueurs ou webmasters, une initiative à envisager pour votre site ?

Des vacances de rêve tout en protégeant la planète

C’est l’été ! Pour les plus chanceux, l’heure des vacances a sonné.  Transports, hébergement / restauration, activités sportives et culturelles  : telles seront les préoccupations des « touristes ».
Les professionnels de ces secteurs vont orchestrer ces prestations et les meilleurs vont se mobiliser pour les rendre plus responsables. Très rapide inventaire des initiatives menées sur les produits et services que vous consommerez cet été.

Transport aérien

Le transport le plus polluant commence à se mobiliser pour limiter la consommation d’énergie et être plus responsable : les compagnies aériennes (Air France notamment) initient des programmes « d’éco-pilotage » permettant de réduire la consommation de kérosène  avec à la clé 30% d’émissions de CO2 en moins (soit 6t de CO2 au lieu de 9t pour un trajet Paris – Miami). British Airways tente de son côté l’utilisation des biocarburants, qui n’ont rien de bio et dont l’intérêt macro-économique reste très contesté. Dans les débats houleux, que dire des compagnies Low Cost qui incitent à consommer de l’aérien mais parallèlement remplissent leurs avions, ce qui se traduit par des émissions de CO2 par passager sans doute plus faibles que les compagnies traditionnelles ?

arton2728-a7de4Guides, trouver l’hôtel qui a du sens

Après le Guide du Routard responsable, le guide Michelin s’y colle aussi avec la publication du guide « les vacances au vert » (notez qu’avec le « guide vert », Bibendum avait déjà un pied dans le pré vert – d’accord c’est un peu lourd, mais en été tout est permis ?). Le guide Michelin passe en revue l’hébergement « près de la nature ». En tout, 250 lieux hôteliers répertoriés, parfois insolites (tipis, maison flottante) mais tous reposants et responsables. En prime, 300 activités en plein air et 500 tables de terroir à découvrir.

arton2211-d947dDans un registre plus classe, les hôtels de charme et haut de gamme se mettent aussi au vert. Même si le luxe n’est pas toujours synonyme d’écologie, il faut néanmoins souligner les efforts des professionnels qui doivent concilier protection de l’environnement et attentes très exigeantes de leurs clients (pour l’anecdote, les grands chefs étoilés ont renoncé à cuisiner le thon rouge suite à la menace de sa disparition). Bref, le livre « Eco-lodges » (Editions Eyrolles) présente le défi de 10 éco-lodges rares plantés aux quatre coins de la France (voir le détail sur cdurable). Ces hôtels ont mis en œuvre plusieurs actions : performance énergétique du bâtiment, récupération des eaux de pluie, gestion des déchets (moins d’emballages individuels), utilisation de produits biologiques, etc. Tous ces efforts sans négliger le confort, le design (La Pérouse à Nantes : Primé hôtel le plus design d’Europe en 1995) et le service client.
Au passage, la promotion de l’hôtellerie verte française valorise le patrimoine local : nul besoin d’avion pour y accéder.

Culture

Il est évident que la culture n’échappe pas au développement durable : les artistes se mobilisent pour faire rayonner cette tendance de fond (voir ci-contre l’œuvre de guerra de la Paz à retrouver sur Thetrendygirl). Ici et là les initiatives témoignent de l’engagement responsable du milieu culturel. Les festivals s’emploient à limiter leurs déchets, à sensibiliser les spectateurs, à évaluer et compenser leurs émissions de CO2 : exemple le festival des Voix du Gaou . Le Louvre vient de se lancer dans un programme de rénovation de l’éclairage par LED pour limiter sa consommation d’énergie (voir détail). En Bretagne, le livrophone permet aux non voyants d’accéder à la culture et à vivre l’émotion du château des Ducs (voir l’initiative en détail).

Sports en plein air

Passionné de glisse, difficile de passer à côté des professionnels des sports outdoor (plein air). Bien sûr, l’environnement est le terrain de jeu de leur business, mais la croissance de leur chiffre d’affaire tient aussi à leur image de marque : voilà pourquoi il est primordial pour eux d’agir.
Les fabricants d’équipements sportifs se mobilisent : on a déjà longuement parlé de la marque Patagonia, référence environnementale et sociale dans ce domaine (voir l’article sur le textile et l’interview de Yvon Chouinard ). Mais les autres fabricants s’activent également : Lafuma est particulièrement actif dans l’éco-conception de ses produits, à savoir utiliser le moins de matière possible et des matériaux les moins polluants voire recyclés.

Ca remue aussi dans les vagues : 4 producteurs (Rip Curl, Quiksilver, Billabong et Volcom) viennent de s’engager pour réduire leurs emballages et ont mis en place une filière de recyclage (voir La Tribune). La sensibilisation étant au cœur du changement, RipCurl vient de lancer un site dédié aux initiatives de la marque pour protéger l’environnement : témoignages et vidéo à la clé sur ripcurlplanet.com. Ce site relaye également l’engagement de la fondation Rip Curl Planet, qui a soutenu de nombreux projets (à hauteur de 313 K$) (voir les détails).
Enfin, du côté des montagnes, les stations de ski profitent de l’été pour sensibiliser les vacanciers avec des opérations de collecte des déchets sur le parcours des remontées mécaniques. On peut également noter l’initiative de la station Les Orres qui mène un vaste programme de re-végétalisation des sols pour réintégrer au mieux les pistes de ski en dehors de la période hivernale (voir le reportage).
Ce qui est remarquable dans les métiers qui gravitent autour de l’activité « plein air », c’est que les professionnels et les associations et ONG travaillent de concert pour développer des programmes communs. Citons quelques associations actives : Surfrider Foundation, Mountain Riders, Protext Our Winters, WWF, Reef Checks Polynesia, etc.

Développement durable, une âme et des revenus

Les secteurs du tourisme et des sports en plein air empruntent chaque jour davantage le chemin du développement durable pour satisfaire les besoins de leurs clients, valoriser leur image et préserver l’environnement qui les fait vivre. D’autres acteurs comme les compagnies aériennes sont pressées de s’y mettre par des économies rendues indispensables et pour limiter la fuite des voyageurs vers d’autres solutions (train ou choix de destinations plus proches accessibles en voiture).

En somme, les entreprises qui innovent sur ces secteurs ont bien intégré les enjeux futurs et les bénéfices économiques qui sont liés.
De quoi leur donner le sourire.

Un nouvel outil de veille collaboratif pour la logistique durable

Les initiatives en matière de logistique se multiplient pour répondre à de nouvelles exigences : accorder rentabilité avec protection de l’environnement et intégration sociale. À la clé, une source d’innovation et d’opportunités de développement pérenne.

Partager une réflexion prospective
Le foisonnement de l’information aujourd’hui disponible rend délicate sinon impossible son exploitation, sa mise en perspective et son utilisation. Pour aider les acteurs de la logistique à saisir ces tendances, blog-durable.net a été créé. C’est un outil de veille sélectif, prospectif et collaboratif :

  • Sélectif : blog-durable.net cherche, trie et classe les initiatives développées en France et à l’étranger pour délivrer les informations les plus pertinentes pour votre métier.
  • Prospectif : Les chantiers de demain s’écrivent déjà aujourd’hui : logistique urbaine, certification HQE, performance énergétique et écologique.
  • Collaboratif : Les acteurs internautes sont au cœur de la réflexion qu’ils peuvent orienter par leurs contributions et commentaires.

Penser durable
Toute réflexion prospective sur l’architecture logistique durable implique de penser “cycle de vie du bâtiment”. C’est pourquoi sur blog-durable.net, l’information est synthétisée autours de 5 grandes phases de la vie du bâtiment logistique :

  • La maîtrise du foncier et son financement
  • La conception du bâtiment et toutes les technologies qui la placent dans un horizon de développement durable
  • La construction ou la mise en œuvre des nouvelles technologies environnementalement responsables
  • L’exploitation du bâtiment quelque soit la diversité de ses utilisateurs
  • La gestion de sa fin de vie, en réhabilitation, en transformation, en réaffectation ou en destruction et en prévoyant le traitement des déchets induits.

Voir le site www.bLOG-durable.net


bLOG-durable.net est une initiative de l’agence d’architecture SAGL. Philippe Galois, PDG fondateur de SAGL, souhaite favoriser la réflexion prospective sur la logistique durable.

bLOG-durable.net a été créé, produit et est animé par Apidae, associé à l’agence All Write.

L’innovation au service de l’environnement et de l’image

Les emballages et le suremballage sont souvent indissociables du produit et de son succès. Néanmoins, leurs impacts sur l’environnement sont loin d’être négligeables.

L’innovation est en marche dans ce secteur, à 2 niveaux :

  • innovation d’amélioration : on vient changer les matériaux, en substituant les matières polluantes par des composants plus écologiques (abandon du plastique pour le papier ou des matières biodégradables ou recyclées) ;
  • innovation de rupture : suppression de l’emballage ou du suremballage, conditionnement en vrac avec recharges.

A la clé, un impact moindre sur l’environnement et des preuves d’une mobilisation dans la démarche durable, venant enrichir l’image active et responsable de la marque.

Puma illustre l’intérêt de ce genre d’initiative en matière de suremballage pour ses chaussures.

Pour en savoir un peu plus sur l’initiative Puma : cliquer ici

Marketing durable : éviter le vert

4482256275_ef1c2373a5Il se tenait le 4 mai dernier une conférence sur le green marketing, où comment promouvoir et développer une offre verte.
Morceaux choisis :

Durable contre communication ?
–    Raz le bol de la communication verte, les consommateurs attendent de l’information et des preuves. Au passage, la couleur verte ne fait pas vendre une voiture (cf. expérimentation WWF).
–    Pour enfoncer le clou, cette remarque de E. Pastore Reiss « le marketing durable est un marketing de process (intégrer à tous les niveaux du cycle de vie du produit) et non pas un marketing de communication.
–    Le « cradle to cradle » a trop de traductions françaises (du berceau à la poussière, de la poussière à la poussière, du berceau au berceau), préférer  « l’éco-conception » ou le « cycle de vie du produit »,  plus simple et aussi convaincant.

Retour d’expériences
–    Pilot : sa gamme de stylos en matière recyclée représente près de 13 % de ses ventes. Sa cible principale n’est pas l’écolo convaincu mais les entreprises qui renforcent leurs achats responsables.
–    Hop cube et Discountéo : un baromètre écologique des produits a été implémenté sur le fiches produit : 4 fois plus de produits visualisés, augmentation du prix du panier (les consommateurs choisissent des produits de meilleure qualité) et du nombre de ventes. Suite à une enquête auprès des consommateurs, le baromètre écologique a été plébiscité devant la notation des consommateurs. De l’information pédagogique, partenaire du business : exemple en cliquant ici
–    Voyages SNCF : seuls 5 % des voyageurs compensent leurs émissions de CO2 avec la fonctionnalité  « action carbone » alors que 66 % se déclarent prêts à le faire.
–    Renault : la nomination au prix Pinocchio des Amis de la terre a été une opportunité de dialogue sur leurs engagements avec les parties prenantes.
–    Whirlpool : l’innovation a permis de diviser par 3 la consommation électrique d’un réfrigérateur : 23€/an.

Concept
–    La « valeur étendue » (Ganaël Bascoul, Jean-Michel Moutot) par opposition à la « valeur ajoutée » : repenser la valeur en intégrant les dimensions environnementales et sociales ainsi que le cycle de vie (avant, après, pendant).

A retenir

–    Mener une stratégie et des actions responsables offre de réels relais de croissance ;
–    Les consommateurs de produits durables ne sont pas seulement les écolos convaincus, penser aux grands groupes ;
–    Pour faire efficace, le développement durable est un allié puissant ;
–    Pas de naïveté, tout ne se fait pas du jour au lendemain : mais si certains consommateurs ne passent pas toujours à l’acte, une information bien menée évangélisera votre public, qui finira par être convaincu ;
–    En France et dans le monde fleurissent chaque jour des initiatives responsables porteuses de sens et de business : c’est une source d’inspiration, saisissons-la et innovons.

Apidae est intervenu sur le thème « écouter et dialoguer avec les leaders d’opinion », retrouvez une synthèse de la présentation en cliquant ici

Crédit photo : http://www.flickr.com/photos/16915685@N08/4482256275/in/pool-greenisbeautiful

Marketing durable, la clé du développement

forum_greenmarketingElargir sa vision
Le cœur de toute stratégie d’entreprise repose naturellement sur la réponse adaptée aux besoins des clients. Sans quitter ce focus des yeux, le développement durable enrichit la stratégie par l’écoute des autres parties prenantes : collaborateurs, fournisseurs, société civile, collectivités locales, etc.
Parce que les consommateurs vivent dans un écosystème et non pas de manière isolée, comprendre cet écosystème offre de nouvelles perspectives, à commencer par l’anticipation des risques et des tendances qui se dessineront plus tard.
L’écoute des parties prenantes est donc une manière de s’intégrer dans le paysage économique et social, mais aussi une manière de construire un réseau solide et efficace. Le marketing peut-il se détourner de cette opportunité ?

Le nouveau mix
Comment proposer une offre responsable et tirer profit de la tendance ? La peinture verte ne suffit pas, les garde-fous veillent et ne se privent pas de représailles douloureuses pour l’image de marque. Il faut donc de la cohérence, beaucoup de cohérence : des matières premières à la fin de vie du produit, en passant par la production et la distribution, sans oublier l’utilisation du produit.

Les marketeurs sont sensibilisés au cycle de vie du produit, il leur faut se l’approprier. Pas simple ? Commencer par des actions, puis capitaliser en éprouvant son offre et enfin communiquer humblement. Dans chaque étape du cycle de vie sommeillent des opportunités de différenciation et de valeur ajoutée pour les clients, pour l’entreprise et pour la marque.
Repenser l’offre, inventer une nouvelle manière de tarifer, optimiser la distribution, communiquer avec sincérité en apportant davantage de proximité : de belles promesses pour des collaborateurs et des clients en quête de sens.

Le bon moment ?
Quel est le bon timing pour se positionner sur cette tendance de fond ? Maintenant et profiter des incitations financières mais essuyer les plâtres de l’éducation du marché ? Plus tard, pour récolter les fruits d’un marché mature mais craindre le leadership des primo-arrivants ?
Certains secteurs comme le bâtiment sont déjà sur le pont et profitent d’un réel relai de croissance inespéré en période de crise. D’autres restent sourds aux perspectives « vertes », plombés par une consommation en berne.
Entreprendre une démarche durable dans son métier, c’est l’enrichir avec de nouvelles perspectives et offrir davantage de valeur à ses clients et ses autres parties prenantes. C’est toujours le bon moment.

Aller plus loin : 2 événements
Pour aider les convaincus à mettre en œuvre leur démarche ou pour éclairer les sceptiques sur les opportunités et bonnes pratiques, deux événements proposés par Benchmark Group sont à votre disposition :
– Forum Green Marketing, le 4 mai : en savoir plus
– Formation marketing durable : de la stratégie à l’action (2 jours), le 19-20 mai : en savoir plus

De nouveaux comportements de consommation : durables

consommationComme chaque année, l’observatoire Cetelem dresse un portrait des consommateurs européens (8000 consommateurs de 12 pays).

2 effets majeurs de la crise
Premièrement, en France, en Espagne, en Italie et au Portugal, la volonté d’épargner demeure plus forte que celle de consommer.
Ensuite, presque 2 européens sur 3 (env. 73% des français) envisagent de changer de comportement de consommation suite à la crise.

De la conscience verte aux actes
Les changements de consommation s’opèrent principalement sur les actes peu contraignants (« faciles ») : papier recyclé, aménagements intérieurs pour économiser l’eau et l’énergie, acheter des produits bio (près de 4 Européens sur 10 déclarent consommer fréquemment des produits bio). Néanmoins, l’achat de produits équitables reste en net retrait (moins de 10 % des européens indiquent en consommer fréquemment). Les consommateurs préfèrent donc le bio, bon pour la santé et l’environnement, plutôt que l’équitable, bon pour le bien-être des autres.

L’occasion, une deuxième jeunesse
Les produits d’occasion retrouvent un intérêt avec la crise : les consommateurs peuvent satisfaire leurs attentes à moindre coût. Les freins à l’achat sont moindres et le panel de produits s’élargit : produits culturels, voitures, bricolage / jardinage, électroménager, articles de sport, meubles, hi-fi, etc.
Parallèlement, les consommateurs se muent en distributeurs occasionnels, grâce à des outils Internet à leur disposition faciles d’accès.
Par ailleurs, on apprend que les européens attendent de leur distributeur une plus grande simplicité de présentation des produits pour avoir des prix plus bas : c’est bien le cas de la vente d’occasion, de la distribution discount ou même d’internet, qui continue sa progression.

A retenir
Le « consommateur 2010 » a naturellement adapté son comportement à une période plus difficile. Ses attentes se tournent vers la santé (bio) et plus de simplicité pour la mise en scène des produits, sans pour autant céder à l’austérité. Il apprend à optimiser son pouvoir d’achat, tour à tour vendeur et acheteur d’occasion. Enfin, il reste sensible aux efforts de fidélisation.

Opportunités
Santé, simplification, cycle de vie, proximité : de quoi booster vos ventes.
Exemple : le renforcement du marché de l’occasion peut limiter les ventes de produits neufs mais ouvrir de nouveaux services : accompagner la deuxième vie d’un produit.

Et si on planchait sur ces perspectives ensemble ?

Retrouver l’étude complète : ici

Crédit Photo : http://www.flickr.com/photos/tany-kely/2919168951/