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Marier créativité et commerce équitable

Bertrand Duchaufour est un parfumeur engagé : il nourrit ses créations de ses périples à travers le monde, notamment auprès des petits producteurs du Sud. Rencontre avec un personnage créatif qui garde la tête sur les épaules, à l’occasion de l’atelier Parfums et Commerce équitable, en mai 2012.

Pourquoi portez-vous un intérêt pour le commerce équitable ?

Je suis persuadé qu’en choisissant des ingrédients issus du commerce équitable, on peut aider de manière significative des populations qui ne sont pas forcément en souffrance mais qui demeurent exploitées par des intermédiaires que nous ne maîtrisons pas. Bien sûr, nous n’allons pas transformer le monde, mais avec peu d’efforts, à savoir en prenant la peine de s’intéresser aux conditions des producteurs, on obtient des premiers résultats. C’est notre pierre à l’édifice et nous entraînons d’autres partenaires à s’associer à cette démarche. Et cela, sans perturber la qualité de notre travail.

Justement, y-a-t-il des différences pour formuler avec des ingrédients équitables ?

Très peu. A vrai dire, les matières premières équitables sont comme les autres, il y en a de bonne qualité, des plus banales, des chères et des abordables. Globalement, le budget alloué aux huiles essentielles équitables est supérieur d’environ 5% à celui dédié aux matières premières « traditionnelles ». Nous montrerons lors de l’atelier du 11 mai que les parfums équitables sont finalement à des prix équivalents à des parfums conventionnels.

Quels sont les atouts des parfums « équitables » ?

On peut travailler efficacement avec des ingrédients équitables sans modifier la qualité et le prix : on a donc de très beaux produits finis qui ont une dimension responsable supplémentaire. Bien sûr, cette possibilité est liée aux briefs : si la contrainte de prix offre la possibilité de proposer un parfum qui possède le plus d’ingrédients naturels, alors autant travailler avec des ingrédients équitables.

Quels sont les enjeux pour développer des parfums responsables ?

J’en vois au moins un : la recherche constante d’huiles essentielles produites et distribuées de manière équitable. Il est indispensable d’élargir la palette des matières premières équitables mais un frein important subsiste : la conformité règlementaire. Il faut être dans ce domaine irréprochable, c’est pourquoi le développement de filières équitables est plus long que prévu.

Innovation et transfert de compétences au Mali

La Savonnerie du Midi innove avec une méthode de saponification de l’huile de Karité en partenariat avec une coopérative de femmes au Mali. Ce projet a été initié avec l’aide de l’ONUDI. Gilbert Latour, PDG de l’entreprise, revient sur le déroulement de cette aventure. Interview réalisée à l’occasion de l’atelier Parfums et Commerce équitable, en mai 2012.

Quelle est l’origine de votre projet ?

Nous avons pris conscience du problème de déforestation lié à l’huile de palme. En tant que savonnier, nous utilisons couramment cette matière première. Nous avons donc cherché à la substituer. Lors du salon professionnel Beyond Beauty, nous avons rencontré un fabricant de savons du Mali supporté par l’ONUDI ; de cette rencontre, est né notre projet. En deux mots, il s’agit de développer une saponification à base d’huile de Karité.

Comment avez-vous procédé ?

Nous avons monté ce projet avec une coopérative de femmes locale au Mali, avec l’ONUDI et d’autres parties prenantes telles que le CECI (qui a dépêché un correspondant canadien pendant un an) et le Ministère malien de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille (MPFEF).
Une structure juridique a été créée avec la coopérative du Mali, la Savonnerie du Midi est minoritaire avec 49 % des parts.
Outre la formalisation de l’entité juridique, nous avons fourni du matériel de laboratoire pour permettre le suivi et la qualité des produits saponifiés, formé les femmes aux techniques de production et l’utilisation du matériel de sécurité (masques, lunettes…), défini le prix d’achat de la matière première (beurre de karité) avec un prix plancher et le prix de vente du savon karité ensemble sur la base d’un business plan établi avec l’ONUDI, veillé à ce que les enfants aillent à l’école et ne soient pas présents sur le site, etc.
La coopérative a mené le processus de certification bio pour la récolte des noix de karité.

Comment voyez-vous l’avenir de cette filière ?

Comme vous le savez, le Mali traverse une période d’instabilité politique. Nous sommes donc très attentifs et essayons de poursuivre la vie du projet dans ce contexte tendu. Nous avons aujourd’hui été livrés d’un premier conteneur de savon (20 tonnes). Nous réalisons les premiers essais industriels pour fabriquer un savon de Marseille sans huile de palme. Notre objectif est de le présenter aux acheteurs de la distribution et nous espérons un accueil favorable. Les participants à l’atelier le 11 mai pourront découvrir ces prototypes.

Le défi du commerce équitable : concilier économie, social et environnement

Sur le marché dynamique des parfums et cosmétiques naturels, certains acteurs innovent. Ils s’assurent de la préservation de l’environnement (biodiversité, gestion des ressources naturelles) et veillent à garantir des conditions d’achats justes tout en contribuant à la pérennité de l’activité des petits producteurs. En somme, ils s’engagent dans une démarche de commerce équitable.

Le 11 mai 2012, en ouverture de la Quinzaine du Commerce Equitable, les professionnels des filières parfums et cosmétiques se sont réunis à Marseille en faveur du commerce équitable. Ils ont démontré qu’il était possible d’innover avec des produits d’excellence tout en respectant les hommes et la nature. Un évènement initié et soutenu pour la troisième fois par la société de parfums Technico Flor (en partenariat avec l’Onudi) et co-organisé et animé par nos soins.

Les acteurs de la profession ont eu l’occasion de partager leurs expériences et savoir-faire autour de séances olfactives et tests produits :

  • focus sur le marché des parfums et cosmétiques équitables (Chloé Laparra – Technico Flor),
  • définition des règles de formulation des cosmétiques avec des ingrédients issus du commerce équitable et solidaire grâce à l’éclairage de Jérôme Vaquier (Ecocert Equitable) et de Pierre Gaubert (Bio Partenaire),
  • découverte des filières « huiles essentielles » à Madagascar (Patrick Collin – Golgemma), au Népal (Bruno Destoumieux – Astier Demarest), à Crest en France (André Hyvrier – Elixens), en Indonésie (François-Patrick Sabater – Technico-Flor) avec leur mise en valeur dans des parfums (Bertrand Duchaufour – Technico Flor),
  • présentation d’ingrédients issus de filières équitables et responsables : l’huile de figue de Barbarie (Valérie Roubaud – terre d’Oc), les actifs issus de l’avocat (Alex Saunois – Laboratoires Expanscience), le karité comme substitut à l’huile de palme (Gilbert Latour – Savonnerie du Midi) et les actifs issus du Romarin (Abderrahim Boutaleb – filière marocaine soutenue par l’Onudi).

 

A l’issue de la journée, une très large majorité a reconnu que la qualité et le prix des cosmétiques issus du commerce équitable sont équivalents à ceux du marché conventionnel.

Retrouvez quelques-unes des présentations de cette journée ci-dessous et plus d’information sur www.added-soul.com. Ce site, créé et animé par Apidae, a vocation à relayer les actions responsables sur les parfums et cosmétiques.

 

 

 

 

 

 

 
Retrouvez également sur ce sujet les précédents articles :

Le communiqué de presse de l’atelier du 11 mai 2012
Le programme et les intervenants du 11 mai 2012
Comment créer des parfums et cosmétiques équitables
Le supplément d’âme des parfums et cosmétiques issus du commerce équitable

 

Crédit Photo :  Libertad

Les dernières réalisations d’Apidae

Découverte de marchés
Apidae mène avec une grande banque française une réflexion sur le financement sociétal. Objectif : offrir davantage de sens et de traçabilité au financement local.

 

Mobilisation des équipes / Formation
Apidae est intervenu sur une session de formation pour sensibiliser ceux qui accompagnent les entreprises à l’innovation. Le thème de la formation : l’innovation sociétale et durable.

 

Communication différenciée

  • Comment communiquer sur le lancement d’un fonds de dotation (financement de projets portés par de jeunes talents ou de restauration du patrimoine culturel) ? Nous avons participé au dossier de recommandations pour un grand établissement bancaire.
  • Aider le lancement d’une jeune société de team-bulding olfactif, tel était la mission confiée par Absoluteam. Notre intervention : élaboration du positionnement marketing, pilotage de la communication web (site Internet et médias sociaux). Voir sur www.absoluteam.fr .
  • Comment valoriser les filières de cosmétiques qui localisent leurs achats et leur production en Provence ? Apidae vient de livrer son plan de communication pour aider une association professionnelle à relever ce défi.

 

Engagement dans le commerce équitable
Après une première édition à Marseille en mai 2011 pendant la quinzaine du commerce équitable, Apidae a co-organisé la deuxième table ronde sur les parfums et cosmétiques issus du commerce équitable à Paris. Voir le détail de l’évènement.

 

Last but not least, nous donnons un nouveau visage à notre site Internet : plus épuré, une navigation directe sur notre offre et sur les contenus du blog pour voir en un coup d’œil ce que nous proposons.

Affichage environnemental: les shampoings les plus propres (part 2)

09(2)Le consommateur va pouvoir enrichir sa culture environnementale lorsqu’il se lavera les cheveux : les chiffres de l’impact environnemental de son shampoing sont à présent sur l’emballage. Battements de tambour, la cymbale résonne, les résultats sont dans le tableau ci-dessous.
Nota : Nous avons indiqué les chiffres de la crème de L’Occitane pour information mais ils ne peuvent pas être comparés aux autres puisque le produit étudié est différent.

Le petit marseillais

Carrefour

Garnier (1)

Pierre Fabre

Weleda

l’Arbre Vert

L’Occitane

Pdts concernés

Shampoing

Shampoing

Shampoing

Shampoing

Shampoing

shampoing

Crème mains

Indice CO2 (en g eq CO2)

55

56

60

35,2

56

IND

390

Ecotoxicité aquatique

0,03 CTUe (faible)

5278 litres

1995 litres

2,4 m2 écosystèmes impactés

0,03 CTUe (faible)

IND

Consommation d’eau (en litres)

9

10,5

9,6

7,3

5,4

IND

3,8

Epuisement des ressources non renouvelables

105 g eq pétrole

Emballages

0,29

IND

Consommation d’énergie

IND

IND : Information Non Disponible sur le site web de l’enseigne, ni répertoriée par l’Ademe.

Confiance

Avant tout, il est important de rappeler que chaque établissement a effectué les mesures avec sa propre méthodologie. Et cette méthode comme les résultats n’ont pas été contrôlés par un tiers. Cette expérimentation repose sur la « bonne foi » des établissements.

Résultats : du simple au double

En comparant les impacts CO2 et eau sur les shampoings, on constate que les produits ont dans l’ensemble des résultats assez homogènes avec des exceptions :
Pour le CO2 : quatre produits sur cinq ont des mesures autour de 56 grammes d’éq CO2 alors que le shampoing de Pierre Fabre a un impact réduit de 40%.
Pour l’eau, c’est le produit de Weleda qui nécessite seulement 5,4 litres alors que les produits concurrents utilisent environ 9 litres (celui de Pierre Fabre est entre les 2).
Prouesse environnementale ou différence méthodologique : difficile de savoir. A moins d’évaluer le même produit avec les différentes méthodologies : chiche ?

Ecotoxicité aquatique, éco quoi ?

Là, il faut s’accrocher. Car si le critère est pertinent, les différentes unités de mesure choisies sont difficiles à appréhender pour le quidam. Le peu de pédagogie sur cet impact est largement insuffisant, malgré les tentatives de ramener la mesure sur des éléments connus. Le rapprochement à l’unité d’eau d’une piscine est-il parlant, hum ? Qui connait le CTUe ? C’est sans doute Pierre Fabre qui s’en tire le mieux en matière de pédagogie avec une notion de mètre carré d’écosystème impacté.

Des visuels soignés ou basiques

Là encore, c’est le grand écart : les pastilles basiques côtoient des affichages graphiquement «léchés». Comme nous l’avions noté dans notre précédent billet, la graduation « fort / faible » avec l’indice relativise la performance. Néanmoins, l’indice est toujours placé dans la partie « faible » !

Pédagogie

Ces premiers résultats montrent que le chemin pour sensibiliser les consommateurs est encore long. Les indicateurs demeurent trop obscurs pour les consommateurs et surtout ils manquent de repères pour échelonner l’importance d’un impact. Toutefois, on constate que la majorité des établissements impliqués dans l’affichage environnemental en profite pour donner des conseils de consommation vertueuse. Et c’est une très bonne chose mais il faut aller plus loin : davantage de transparence sur la méthodologie, davantage de liens avec les parties prenantes et de dialogue avec les consommateurs, afin de ne plus simplement indiquer un impact produit mais réussir à engager les consommateurs sur des modes de consommation responsables. Innovation et fidélisation à la clé.

Pour retrouver les résultats de l’affichage :
Document Ademe (Carrefour, Garnier, Pierre Fabre, L’occitane, Weleda)
Le petit Marseillais : voir site
Pierre Fabre : voir site
Weleda : voir site

Autre article sur le sujet :
L’affichage environnemental : les cosmétiques se font une beauté

Comment créer des parfums et cosmétiques équitables ?

A côté du café et du cacao, les parfums et cosmétiques issus du commerce équitable sont méconnus. En cause, une offre encore très limitée couplée à une communication quasi inexistante.

Alors pour faire émerger ces nouveaux produits, les professionnels se mobilisent. Des PME aux grands groupes, en passant par des associations de partenaires engagés : tous se sont à nouveau rencontrés à Paris le 6 octobre dernier sous le parrainage de Technico Flor.

Au menu des débats : le développement de filières dans les pays du sud, les investissements financiers et humains, les difficultés mais surtout la satisfaction de proposer une voie alliant business, progrès social et préservation environnementale.

Au terme de la matinée, la recette pour créer des parfums et cosmétiques équitables s’impose simplement :

1- de la passion, pour l’homme et l’environnement. Souvent portée par les dirigeants, cette passion anime également leurs collaborateurs et les membres des réseaux associatifs.

2- de la coopération, entre les partenaires ou parties prenantes. Un véritable réseau se tisse, qui va bien au-delà de la relation clients-fournisseurs. Ces nouveaux liens se créent autour d’une vision de commerce éthique de long terme.

3- de l’humilité, face aux enjeux. Les acteurs engagés font preuve de retenue quant aux progrès qu’ils accomplissent, sans doute parce qu’il reste encore beaucoup à faire. Mais ils méritent néanmoins d’être davantage dans la lumière, car leurs efforts portent leurs fruits dans les pays qui en ont besoin.

Pour en savoir plus sur cette mobilisation, cliquer sur le communiqué de presse ou contactez-nous .
Voir les autres articles sur le sujet :

2e Table ronde du Commerce équitable pour les filières Parfums et Cosmétiques (L’observatoire des cosmétiques)
Parfums et cosmétiques face aux défis du sourcing éthique (Premium Beauty News)

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Affichage environnemental : les cosmétiques se font une beauté

09(2)

On y est ! Après les premiers essais d’une poignée de marques et distributeurs, 168 entreprises se sont lancées dans le test « grandeur nature » de l’affichage environnemental depuis le 1er juillet, et ce pendant un an.

Fidèle à sa vocation de vulgariser le développement durable, Apidae fait le point sur les types d’affichages « verts » proposés dans le secteur des cosmétiques par les marques volontaires suivantes : Le petit marseillais (Johnson&Johnson), L’Occitane, Garnier (L’Oréal), Natura Europa, l’Arbre Vert (Novamex), Pierre fabre et Weleda.

Critères

Le petit marseillais

L’Occitane

Garnier (1)

l’Arbre Vert

Pierre Fabre

Weleda

Produits concernés

Shampoing

Crème mains

Shampoing

shampoing et produits douche

Shampoing

Crème de beauté (a) + Shampoing douche (b)

Parties prenantes impliquées

Plusieurs

NC

Plusieurs

NC

Une

Plusieurs

Critères environnementaux

Indice CO2

X

X

X

X

X

X (a et b)

Ecotoxicité aquatique

X

X

X

X

X (b)

Consommation d’eau

X

X

X

X

X

X (a et b)

Epuisement des ressources non renouvelables

X (a)

Biodiversité

X

Emballages

X

X

Consommation d’énergie

X

Supports d’information

Site Internet

X

X

X

X

X

X

Lieu de vente

X

X

X

Autres

publicités Carrefour

téléphone portable

revue Weleda + hotline

Source : Ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement

(1) Garnier mène une action collective avec le distributeur Carrefour
Natura Europa : fiche non disponible
NC : Non Communiqué

Les unités de mesure des critères environnementaux
Indice CO2 : grammes équivalent CO2 (en savoir plus)
Ecotoxicité aquatique : pollutions de l’eau (en savoir plus)
Consommation d’eau : en litres
Épuisement des ressources non renouvelables / préservation de la biodiversité (en savoir plus)
Consommation d’énergie : Kilo Joules (KJ) (en savoir plus)
Emballages : en Kilo Grammes

Diversité de critères

On pouvait s’y attendre, et c’est l’intérêt de laisser la liberté aux entreprises, les critères environnementaux ont été nombreux et différents :
– La mesure du CO2 est un exercice imposé. Ce critère est incontournable pour sensibiliser les consommateurs au réchauffement climatique. En systématisant l’utilisation de ce critère sur l’ensemble des produits (et pas seulement sur les cosmétiques), le Ministère de l’écologie prend le pari que les consommateurs pourront se constituer une échelle de mesure et qu’ils seront capables d’évaluer l’impact fort ou faible d’un produit. Ce pari a été en partie gagné dans l’automobile, mais avec l’aide d’un bonus / malus financier qui attirait l’attention.
– Autre enjeu lié au réchauffement climatique, la rareté de l’eau. Les entreprises ont toutes plébiscité l’évaluation de la consommation d’eau du produit.
– La pollution de l’eau (ecotoxicité aquatique) est un critère pertinent pour les produits rincés (shampoings et gels douche) qui finiront dans les eaux « usées ».
– La préservation de la biodiversité ou l’épuisement des ressources non renouvelables sont des critères proposés par L’Occitane et Weleda sur des produits non rincés (crème). L’impact des ingrédients naturels est sans doute important pour ce type de produit. A noter également que ces 2 enseignes sont impliquées dans le développement de filières de matières premières et sont donc au plus près de la production agricole. Le choix de commencer l’affichage sur ce type de produit permet donc de faire partager (et valoriser) leur expérience de terrain (facilité aussi de collecte d’information).
– L’impact de l’emballage est un critère relevé par Garnier et l’Arbre Vert. C’est sans doute le critère le plus facile à comprendre par le consommateur : c’est un déchet avec une mesure en Kg. La présence de ce critère est une occasion d’aborder une stratégie globale sur les emballages : sensibilisation des consommateurs sur le recyclage, éco-conception, utilisation de matériaux «propres» ou de recharges (ce que pratique déjà l’Arbre Vert).
– Enfin, seule une entreprise évoque la consommation d’énergie. On est un peu troublé par l’utilisation de ce critère pour deux raisons : la première est que ce critère aurait pu être traité avec les émissions de CO2, et la deuxième est que l’unité de mesure est loin d’être connue du grand public (à l’exception de ceux qui se souviennent de leurs cours de sciences physiques au lycée). Les consommateurs jugeront sur pièce.

Ci-dessous l’exemple de l’affichage environnemental de Weleda

L’utilisation du produit : un impact majeur ?

Premier enseignement à la lecture de l’affichage du gel douche Weleda, l’impact majeur sur le climat est issu de la quantité d’énergie pour chauffer l’eau de la douche (2/3 des émissions d’Eq. CO2). C’est donc en phase d’utilisation du produit que l’impact est le plus important, contrairement à la phase de production qui représente « seulement » 30%. Ces proportions sont encore plus marquées pour la consommation d’eau : la quantité d’eau de la douche représente près des 9/10 ème de la consommation d’eau totale du produit.
A la lecture de ce premier exemple, on en déduit que si les entreprises de cosmétiques peuvent encore progresser pour limiter leur impact en matière de CO2 et d’eau, c’est surtout du côté des consommateurs que les marges de progression sont les plus fortes.
On attend à présent de voir les autres mesures sur les produits concurrents. Mais il ne faudra pas forcément s’attendre à des résultats comparables car les entreprises sont également libres de choisir leur méthodologie et le périmètre des mesures. Pas simple.

Défis

Les entreprises lancées dans le test de l’affichage environnemental acquièrent de l’expérience et s’ouvrent un espace de dialogue « responsable » avec leurs parties prenantes. A ce propos, certaines entreprises ont joué le jeu de l’ouverture en faisant appel à des représentants des consommateurs, sans aller jusqu’aux représentants de la préservation de l’environnement (dommage), mais cela viendra sans doute ?
L’affichage nécessite bien sûr de l’explication de texte : les concepts abordés sont nouveaux et l’échelle d’appréciation inconnue. Il s’agira de montrer les impacts de ces critères et de faire de la pédagogie (ce qu’à commencé à faire Weleda : cliquer ici).
Ensuite, aux consommateurs de tester et de s’exprimer. A ce sujet, une étude (voir l’étude) montrait que les consommateurs appréhendaient assez bien l’affichage en histogramme.
Quoi qu’il en soit, ces entreprises s’impliquent dans la connaissance de leur impact environnemental et dans la sensibilisation des consommateurs à ces enjeux majeurs, deux vrais défis. C’est une voie responsable qu’il est utile de valoriser et de rappeler.

En savoir plus sur l’opération affichage environnemental : voir le dossier de presse (dont exemples d’affichages existants)

Sur les cosmétiques durables, vous pouvez également lire nos articles :
Parfums et cosmétiques, tendance durable (et équitable)
Le supplément d’âme des parfums et cosmétiques issus du commerce équitable
Suivre l’actualité des parfums et cosmétiques durables sur une cartographie

Se mobiliser pour les jeunes filles

The girl effect est un projet visant à aider les jeunes filles de 12 ans dans les pays pauvres.

Pourquoi 12 ans ? Parce que c’est à cet âge que peut basculer leur destin.

A travers le site Internet the girl effect, vous pourrez comprendre les éléments clé grâce à un contenu très pédagogique, faire un don ou  relayer l’information à l’aide de supports de communication (logos, vidéos).

A retrouver sur www.girleffect.org/

 

Le supplément d’âme des parfums et cosmétiques issus du commerce équitable

CE

Les professionnels des filières parfums et cosmétiques engagés dans le commerce équitable ont partagé leur expérience lors d’une table ronde (1) pour sensibiliser et mobiliser leurs confrères à ce modèle de partenariat économique et social. Retour sur leurs messages clés.

Contexte du commerce équitable

Le commerce équitable est plutôt bien connu dans l’alimentaire : les principaux produits importés sont le café, les bananes, le chocolat, les jus de fruits, etc. (voir les chiffres de Fairtrade International). Sur le plan géographique, c’est en Grande Bretagne que les produits équitables connaissent le plus grand succès, devant les Etats Unis, et dans une moindre mesure la France et l’Allemagne. Ce type d’échange permet selon Fairtrade International de faire vivre décemment plus d’1,5 millions de petits producteurs pour un volume d’affaire supérieur à 3,4 milliards de dollars.
Pour le secteur des cosmétiques, Ecocert enregistre une croissance de la certification «Équitable, Solidaire, Responsable (ESR)» de l’ordre de 25 % en 2010.

Définition du commerce équitable (par le F.I.N.E.)

« Le Commerce Equitable est un partenariat commercial, fondé sur le dialogue, la transparence  et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus  grande équité dans le commerce mondial.  Il contribue au développement durable en offrant  de meilleures conditions commerciales et en  garantissant les droits des producteurs et des  travailleurs marginalisés, tout particulièrement au  Sud. Les organisations du Commerce Équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel ». (pour en savoir plus, notamment sur les 10 principes du commerce équitable : cliquer ici )
Schématiquement, le commerce équitable est un témoin économique et social d’une démarche de développement durable et s’ancre dans l’entreprise au niveau des achats (responsables).

table_ronde_commerce_equitable_cosmetiquesDes valeurs à partager

Il existe plusieurs raisons d’engager son entreprise dans le commerce équitable :
*    Pour intégrer la vision altruiste du dirigeant au cœur du développement économique de l’entreprise, à travers les produits ;
*    Pour soutenir les producteurs locaux dans leur développement tout en préservant leur environnement ;
*    Pour conquérir de nouveaux marchés grâce à un positionnement différenciant, même si dans certains cas cette spécificité deviendra prochainement un standard ;
*    Pour répondre aux attentes croissantes des consommateurs en matière d’information sur l’origine et sur les conditions de fabrication des matières premières ;
*    Pour être cohérent : comment proposer des cosmétiques dont l’objectif est le bien-être et la beauté si les conditions de fabrication sont misérables ?
A l’exception des entreprises qui intègrent de manière homéopathique les ingrédients équitables pour acquérir une image responsable (mais les consommateurs ne sont pas dupes), la majorité s’implique dans le long terme avec de véritables partenariats et mobilise leurs collaborateurs. Le commerce équitable fait alors partie de la culture d’entreprise.

Des actions à portée sociale, économique et environnementale

Les intervenants sont revenus sur des exemples d’actions qu’ils ont soutenues auprès des producteurs locaux :
–    Actions sociales : l’accès aux soins pour les communautés, l’amélioration des conditions d’hygiène (la construction de latrines), etc. ;
–    Actions économiques : création de caisses de microcrédit de proximité, aide à la production de produits stables et de qualité ;
IMG_4350–    Actions environnementales : sensibilisation à la gestion des ressources naturelles (eau, lutte contre la déforestation, préservation de la biodiversité), transfert de compétences pour développer une agriculture biologique.

De manière générale, les porteurs de projets n’imposent pas leurs actions mais soutiennent les demandes prioritaires formulées par les communautés. Ils viennent accompagner les producteurs dans la mise en œuvre des projets et apportent une partie du financement via le fonds de développement. A ce niveau, une présence locale est indispensable, c’est pourquoi les entreprises se déplacent 1 à 2 fois par an et trouvent des relais locaux comme des coopératives ou des ONG.
Enfin, en terme de coûts, l’investissement est variable en fonction de la taille des exploitations. Mais les entreprises avouent que les coûts de certification et autres actions de terrain restent bien inférieurs à l’investissement humain (temps, déplacements) pour mener efficacement ces démarches. Évidemment, l’achat de matières premières certifiées équitables épargne l’entreprise d’une partie de cette dépense d’énergie, mais il ne dispense pas de former ses collaborateurs et de se déplacer sur place pour vivre l’expérience de terrain.

Se mobiliser pour une aventure passionnante

Le commerce équitable est une voie pour développer des produits avec un supplément d’âme. Mais il est évident que ces produits doivent avant tout garantir des atouts reconnus par les consommateurs : une excellente qualité avec des prix correspondant à leur positionnement de marché. Les ingrédients équitables viendront ajouter du sens à un produit qui doit par ailleurs être cohérent avec ces valeurs.
Pour les entreprises, développer des produits avec des ingrédients issus du commerce équitable est une aventure passionnante. D’autant que l’esprit collaboratif entoure ce modèle de business : les acteurs sont prêts à partager leur expérience et à se mobiliser avec de nouveaux entrants.

(1) le 13 mai dernier, en ouverture de la quinzaine du commerce équitable, les parties prenantes des filières « parfums et cosmétiques » engagées dans le commerce équitable ont partagé leur expérience : Valérie Roubaud (Terre d’Oc), Patrick Collin (Golgemma), François-Patrick Sabater (Technico Flor), Jérôme Vaquier (Ecocert). Cet évènement, accueilli par L’ONUDI (représentée par le Directeur adjoint de la filière Agro-Industries Chakib Jenane), a été soutenu par la société Technico-Flor et co-organisé par Michel Ceccaldi et Apidae. Illustration : Agence Libertad.

Pour en savoir plus :
– télécharger le communiqué de presse, Press release
– lire l’article du journal Le Jmed : cliquer ici
– voir l’article de Premium Beauty News :  en français en anglais
– voir la news sur Cosmetics Business
– voir le programme de la journée