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6 clés d’un discours climat – RSE crédible et percutant

Prendre la parole sur l’engagement responsable de son entreprise est un exercice difficile. Le discours doit être précis pour valoriser les actions réalisées et inspirant pour fédérer les parties prenantes. Tout en évitant les écueils du greenwashing. 6 points à cocher pour bâtir ou filtrer votre communication.

1 – Aborder les impacts de votre coeur d’activité

Ce sont généralement vos produits et vos services tout au long de leur cycle de vie qui génèrent les principaux impacts environnementaux et sociaux. C’est pourquoi il est préférable de concentrer votre discours sur le coeur de votre « business » et les progrès réalisés.

Par exemple : communiquez en priorité sur les impacts tangibles de vos produits. La réduction des kilomètres parcourus en camion de vos matières premières est bien plus significative que la dizaine de ramettes de papier que vous avez épargné en imprimant recto-verso.

2- S’appuyer sur des objectifs et des indicateurs (KPI)

Une démarche RSE – Climat est crédible si elle est pilotée par des objectifs et des indicateurs de performance environnementaux, sociaux et sociétaux. Valoriser 3 à 5 indicateurs sur vos principaux enjeux est un minimum indispensable. Vous pouvez en piocher là.

Exemple : La société Lambda a atteint son objectif de 2% d’accidents du travail, soit une diminution de 15% en 2 ans. L’entreprise se classe parmi les meilleurs du secteur dont la moyenne est de 3%.

3- Utiliser un vocabulaire précis

Si les actions factuelles et mesurables témoignent du sérieux d’une stratégie climat – RSE, le choix des mots (allégations), des unités de mesure et des thèmes est également indispensable. D’autant que certains sujets sont encadrés par des textes, comme la loi climat et résilience (cf. article de synthèse). Pour vous aider à utiliser les bons mots : les bonnes pratiques selon l’Ademe ainsi que le guide des allégations environnementales.

Exemple : il convient d’indiquer qu’une entreprise contribue à la neutralité carbone mondiale et non pas qu’elle est carbone neutre (« net zéro »). Cf. la position de l’Ademe sur la neutralité carbone et le complément apporté par Carbone4. Notez également que la formule « respectueux de l’environnement » est une allégation à proscrire selon la norme 14021.

4- Mettre en perspective vos résultats avec les bons ordres de grandeur

Vous avez obtenu de bons résultats, bravo ! Sont-ils à la hauteur des enjeux prioritaires de votre secteur ? Veillez à apporter des éléments de contexte ou de comparaison qui permettent de démontrer la performance de votre action. Vous serez d’autant plus pertinent si vous savez évaluer les bons ordres de grandeur et ne pas confondre 1 avec 1000. Voilà pourquoi il est important de mesurer ses impacts.

Exemple : selon les km parcourus, diviser par 2 les déplacements internationaux en avion aura un impact sans commune mesure avec la substitution de quelques véhicules thermiques par des véhicules hybrides ou 100% électriques.

5- S’engager sincèrement, avec transparence et humilité

Communiquer avec transparence revient à évoquer l’ensemble du périmètre de l’entreprise et non pas seulement la gamme de produits aux meilleures performances. En outre, valorisez les parties prenantes de votre chaine de valeur, notamment les fournisseurs. Enfin, abordez les succès comme les limites ou atteintes à l’environnement occasionnées.

Exemples : certains indicateurs peuvent être publiés, comme le taux d’alertes éthiques, le nombre de recours en justice, les incidents avec les mesures correctives pour y remédier.

6- Fédérer avec un effet waouh!

Si la crédibilité du discours est essentielle, l’inspiration qu’il engendrera l’est tout autant. Au-delà de vous différencier, vous pourrez fédérer l’ensemble de vos collaborateurs et partenaires d’affaires avec un exemple emblématique de votre positionnement RSE / Climat.

Exemple : sélectionnez une action précise portant sur votre coeur de business. Puis démontrez combien la voie que vous empruntez engendre de la valeur pour tous et dont votre écosystème peut être fier. La cave coopérative Castelbarry offre un vin engagé avec « les raisins d’y croire ».

Les opportunités et les risques d’une communication RSE – climat

Communiquer avec rigueur sur sa démarche RSE – climat constitue un premier niveau utile et différenciant.

Faire-valoir que son modèle d’affaires est responsable, à savoir que l’ensemble des décisions et actions s’inscrivent dans une perspective d’écoute des parties prenantes et de décarbonation, est bien plus puissant.
Il en résulte un positionnement clair, des résultats financiers généralement solides, des valeurs ancrées et un rayonnement de la marque accru (notamment dans les médias et réseaux sociaux), une mobilisation soutenue de l’écosystème et l’attractivité des jeunes et des talents (marque employeur).

Pour illustrer ce type de modèle responsable doté d’une communication remarquable par sa sincérité, ses chiffres clés, sa pédagogie, son humilité, découvrez le récit de Veja ou ci-dessus avec Castelbarry.

A contrario, une communication non filtrée avec les clés ci-dessus présente des risques : perte de crédibilité, déception et baisse de l’engagement des collaborateurs comme des clients. A ce titre, il est important de rappeler que les consommateurs et clients sont mieux informés, davantage vigilants voire critiques, concernant les entreprises qui s’en tiennent à de jolis discours sans actes. Votre marque pourrait être écornée sérieusement et durablement.

Pour être complet et éviter d’autres écueils, l’Ademe a publié un guide anti-greenwashing.

Photo by Diva Plavalaguna 

Une sélection d’indicateurs pour guider et valoriser sa stratégie RSE

Une stratégie RSE performante s’accompagne d’objectifs et d’indicateurs environnementaux, sociaux, sociétaux et économiques. Voilà des séries d’indicateurs à sélectionner selon vos enjeux pour muscler votre engagement responsable.

Reconnaître un engagement solide du greenwashing

La responsabilité vis à vis des générations futures et de la planète est devenue un axe de communication plébiscité. La RSE, le développement durable ou la neutralité carbone fleurissent sur les sites Internet. Evidemment, les allégations « exceptionnelles » et autres labels plus ou moins reconnus vantent l’action des entreprises.

Pour y voir clair, formaliser sa démarche RSE et reconnaître une démarche responsable robuste d’un engagement intuitif (voire d’un compte de fées écologique), la présence et le suivi d’indicateurs de performance RSE est indispensable. Ces indicateurs sont également nécessaires pour toute évaluation et « labellisation » sérieuse (e-engagé Afnor, Ecovadis, Bcorp, etc.).

Dans un autre registre, une stratégie climat commence d’abord par une première estimation des émissions de gaz à effet de serre, pour ensuite fixer des objectifs de réduction et agir. Des indicateurs, comme les scopes 1, 2 et 3 par exemple, sont des indicateurs clé pour évaluer son empreinte carbone. En savoir plus sur la méthode.

Une série d’indicateurs Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG)

Le ministère de l’écologie a mis en ligne courant 2021 une plateforme qui recense de nombreux indicateurs (KPI) portant sur l’essentiel des enjeux environnementaux et sociaux. Mieux, les entreprises peuvent créer un compte, saisir leurs données et suivre les indicateurs dans le temps. C’est aussi un outil de communication intéressant puisque les indicateurs sont publics.

Pour les petites entreprises, les PME et ETI, une sélection drastique des indicateurs qui répondent à vos enjeux est indispensable pour ne pas crouler sous le travail de reporting. De plus, certains indicateurs sont techniques et mériteraient d’être mieux détaillés.

Pour consulter ces indicateurs et éventuellement les suivre : base impact

A noter que la plupart de ces indicateurs ESG s’inscrivent dans la Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF), obligatoire pour les entreprises de plus de 500 collaborateurs.

Des indicateurs pour se comparer grâce au GRI

Le Global Reporting (Initiative) propose un large panel d’indicateurs de reporting économiques, environnementaux et sociaux. Ces indicateurs utilisent une nomenclature de reporting internationale que les entreprises peuvent utiliser dans leurs rapports RSE. Le choix de la norme GRI permet ainsi la comparaison entre les entreprises (benchmark).

Pour consulter ces indicateurs et la nomenclature : site du GRI

Les indicateurs d’une politique d’achats responsables

De nombreux clients nous demandent également lors de nos missions d’accompagnement sur les achats responsables des indicateurs de performance spécifiques. Il existe un observatoire dédié qui propose de nombreuses ressources, dont un guide avec plusieurs indicateurs. Là encore, si vous êtes une TPE/PME, il convient de choisir les indicateurs les mieux adaptés et les plus pertinents par rapport à vos enjeux.

Voir le guide et les indicateurs : observatoire achats responsables

Trouver un job qui a du sens ou mettre du sens dans son métier

Travailler tout en oeuvrant pour la planète et pour l’homme est une volonté croissante. Deux possibilités : pourvoir un poste dans une entreprise engagée en faveur du climat, RSE (ou à mission) ou agir de manière responsable dans son métier.

Les entreprises qui s’engagent pour le climat

Le Shift Project a créé le site Shift Your Job. C’est un annuaire qui référence l’ensemble des entreprises et associations qui s’engagent volontairement dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Utile pour adresser une candidature spontanée ou en savoir davantage sur les secteurs souhaités. Les entreprises sont classées par secteurs (bâtiment, transports, énergie, services, finance…) et par métiers.

Pour trouver l’entreprise qui s’engage pour une économie bas carbone : Shift Your Job

Le plein d’offres de stages, d’alternances et de postes (CDD ou CDI) ciblés RSE/climat

De nombreuses agences de recrutement se spécialisent dans les stages ou emplois qui ont les caractéristiques suivantes :

  • le poste présente un impact direct sur l’environnement, le social ou la société : par exemple responsable RSE, chef de projet prévention des déchets, etc.
  • le poste est proposé par une entreprise à mission ou reconnue pour son engagement RSE / Climat. Par exemple responsables des ventes dans une société labellisée B-Corp, évaluée Iso26000 ou avec un niveau Ecovadis élevé.

Parmi ces agences de recrutement, visitez l’agence pionnière des emplois à impacts Birdeo ou howimetyourplanet.fr

Quels besoins d’emplois, dans quels secteurs ?

Dans les années futures, la transition écologique impacterait fortement certains secteurs, avec des gisements d’emplois significatifs ou au contraire des contractions d’effectifs.

Dans son rôle prospectif, le Shift Project a réalisé un rapport intermédiaire « L’EMPLOI : MOTEUR DE LA TRANSFORMATION BAS CARBONE » qui permet d’identifier les secteurs qui seraient pourvoyeurs d’emplois, comme l’agriculture avec près de 420 000 créations d’emplois, ou les secteurs qui réduiraient la voilure, comme le logement, avec une perte de près de 187 000 emplois dans la construction neuve compensée partiellement par la création de 100 000 emplois dans la rénovation.

Pour en savoir plus : consulter le rapport

ETI, PME, étudiants ou jeunes diplômés : 8000 € d’aide pour s’engager

Pour soutenir la transition écologique dans les ETI/PME, le Volontariat Territorial en Entreprise vert (VTE vert) a été créé. Il s’agit d’une aide de 8000 € pour le recrutement de jeunes talents, en CDD ou alternance (1 an mini) ou CDI pour des missions en lien avec les thématiques environnementales.

En savoir plus : VTE Vert

Mettre du sens dans son métier

Vous ne travaillez pas dans une entreprise engagée dans une démarche RSE ou votre métier n’a pas de dimension sociale et environnementale directe ? Devenez un acteur du changement et de la transition pour le climat dans votre métier. Comment ?

En pratiquant votre métier avec responsabilité ! Voilà quelques étapes clés pour y parvenir :

  1. Connaître et comprendre les impacts de son métier,
    • sur l’environnement (climat, biodiversité, ressources et déchets, etc.),
    • sur ses partenaires (fournisseurs, producteurs, personnes avec qui vous êtes en contact)
    • et sur son territoire (acteurs publics, collectivités locales, écoles, etc.),
  2. Identifier les impacts majeurs, notamment en échangeant avec ces contacts,
  3. Trouver des solutions ou une action dans son métier pour améliorer les impacts :
    • réduire les émissions de CO2, le transport, les déchets,
    • favoriser la cohésion d’équipe, faire du tutorat pour les nouvelles recrues, encourager les bonnes pratiques,
    • soutenir des initiatives associatives, coacher des demandeurs d’emploi, etc.
  4. Définir un indicateur qui vous permet de suivre vos progrès,
  5. Soumettre ce plan à votre responsable.

En complément et pour gagner du temps, utilisez votre Compte Personnel de Formation (CPF) pour vous former sur ces thématiques. En outre, de nombreuses formations en ligne (gratuites ou non) mooks peuvent également être utiles. Par exemple, le mook du C3D : « comprendre la crise écologique pour réinventer l’entreprise ».

Mobiliser sa société en faveur de la transition climat/RSE

Les projets environnementaux ou sociaux (RSE) vous passionnent ?

Mobilisez vos collègues, via le CSE par exemple, et vos responsables dans la transition bas carbone et responsable.

Au-delà de la fierté de contribuer aux impacts positifs, cet engagement nourrit votre culture d’entreprise, enrichit votre marque employeur, donne du crédit à vos valeurs et invite votre écosystème à s’engager à son tour.

Bref, comme le soulignait Ghandi « sois le changement que tu veux voir dans le monde ».

Stratégie climat : méthode et outils

Eclipsé par la crise sanitaire, le dérèglement climatique demeure un enjeu de société majeur.

Méthode et outils pour s’adapter au changement climatique, réduire ses émissions de gaz à effet de serre et contribuer à la neutralité carbone.

1- Comprendre les enjeux et les ordres de grandeur

La première étape de la démarche repose sur la compréhension de ce qu’est le réchauffement climatique, son origine, son rythme et ses conséquences à court et moyen terme sur la planète, sur les ressources nécessaires à la vie (y compris à la paix). Les entreprises faisant partie de cet écosystème global, la connaissance est tout aussi pertinente et permet de porter un regard sur un éventail de risques plus large sur les ressources utiles à la production (énergie, matières premières) et sur la croissance (notamment à l’international).

Comprendre les ordres de grandeur sur les enjeux et les solutions mises en oeuvre est également indispensable pour apprécier la pertinence des efforts réalisés actuellement et prioriser les actions pour faire mieux à l’avenir.

La sensibilisation et la formation est la première action à entreprendre.

Individus ou entreprises / associations / collectivités

La fresque du climat

Pour comprendre le climat et ses conséquences sur l’environnement et les hommes, participez à la fresque pour le climat. Un atelier participatif avec des cartes à disposer pour représenter une fresque, avec en prime de la créativité et des échanges. Compter 3 h pour un groupe de 6-8 personnes, sensibilisation disponible en ligne ou en présentiel moyennant une poignée d’euros pour les particuliers. Un super outil de sensibilisation qui connaît de multiples déclinaisons :

les vidéos de JM Jancovici

Le réchauffement climatique est une conséquence de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, principalement du CO2 et du méthane. La consommation d’énergie fossile est responsable des 2/3 des émissions. Visionner les modules de formation de Jean-Marc Jancovici est très pédagogique (incontournable) pour comprendre le lien entre l’économie, l’énergie et le climat, les ordres de grandeur : le ton décapant en prime.

2- Mesurer ses émissions de CO2

Une fois les grands enjeux et les ordres de grandeur bien assimilés, l’étape 2 consiste à mesurer les émissions de gaz à effet de serre, afin d’évaluer votre niveau d’impact sur le climat. Votre dépendance à l’énergie (notamment fossile) sur les différents postes de consommation et de production sera également illustrée via ce type de bilan.

Entreprises / associations / collectivités

L’outil de référence est le bilan carbone – BEGES (les entreprises > 500 salariés ont l’obligation de le faire tous les 4 ans). Une bibliographie des BEGES est disponible ici.

Il s’agit de passer en revue la chaine de valeur de l’entreprise et de compter les émissions d’équivalent CO2 :

  • scope 1 : les émissions directes (consommation de pétrole, fioul, gaz, charbon, biomasse) et autres émissions de process et fugitives (fuites gaz de climatisation par exemple),
  • scope 2 : les émissions indirectes tels que la consommation d’électricité et de vapeur,
  • scope 3 : les émissions indirectes hors énergie (transports de marchandises et de personnes, achats de biens et services et le traitement des déchets). En savoir plus sur le détail des scopes.

Le référentiel du Shift Project (open source), Net Zero Initiative permet de comprendre le mécanisme.

Individus

Au niveau individuel, des calculateurs existent également. Nous en recommandons 2 :

La solution de Carbone4 Myco2  : une conférence où vous calculez votre bilan personnel de façon très didactique, selon les moments de la journée, avec l’aide d’experts. Top.

La dernière version du calculateur d’écolab (Ademe, association Bilan Carbone) ci-dessous, très bien également : faire le test

Enfin, pour approfondir le sujet, l’article très complet (chaudement recommandé) sur le site Bonpote. Tant que vous êtes sur le site, profitez-en pour lire l’article sur l’effet rebond, vous comprendrez notamment pourquoi l’innovation technologique ne résoudra pas le problème du climat.

3- Réduire son empreinte carbone et s’adapter au changement climatique

Entreprises / associations / collectivités

Une fois que les postes d’émissions les plus importants de l’entreprise sont identifiés, le plus dur commence. A savoir définir des objectifs ambitieux (environ 5% de réduction par an) et imaginer et déployer les actions pour y parvenir.

Pour vous aider, the Shift Project a réalisé un document de synthèse qui dresse les axes de transformation « bas carbone » par secteurs, à télécharger ici.

Réduire ses émissions revient également à questionner le problème de son marché et appréhender comment y répondre, notamment en terme de valeur ajoutée. Cette approche permet aux entreprises de s’attaquer aux émissions majeures, à savoir celles issues des produits et des clients. Des actions significatives pourront être conçues : chaîne de valeur revue ou invitation des clients à l’adoption d’un comportement sobre par exemple. Bref, voilà un défi qui mobilise les collaborateurs et qui promet de réels impacts.

Individus

Les outils de calcul de l’empreinte « climat » vus ci-dessus présentent des solutions pour la réduire. Parmi ces solutions :

  • adopter un comportement « climat compatible » : réduire la consommation de viande (notamment bœuf, veau, agneau), privilégier la mobilité douce (marche, vélo), etc.
  • investir dans des équipements performants : isoler son appartement / maison, acheter un véhicule plus sobre, etc..
    Voir l’infographie avec des ordres de grandeur pour « faire sa part »,
  • Il existe également des ateliers pour vous aider à prioriser les actions, comme ceux proposés par 2tonnes.org

4- Contribuer à la neutralité planétaire

Individus ou entreprises / associations / collectivités

Vous avez mis en oeuvre des actions pour réduire votre impact sur le climat et obtenu des résultats tangibles : félicitations.
Pour les émissions de CO2 que vous n’arrivez pas à éliminer, la contribution à la neutralité globale est la solution qui s’offre à vous. Il s’agit de financer :

  • des projets de performance énergétique, pour aider les autres à réduire leur impact CO2,
  • des puits de stockage de CO2 : restauration d’écosystèmes naturels (forêts par exemple).

De nombreux organismes et ONG proposent ce type de prestation. Parmi les critères de choix, vous pouvez agir sur votre chaine de valeur (ou pas), en France ou à l’international, sur des projets en lien avec l’énergie, la biodiversité, l’agriculture, l’impact social, etc. Citons par exemple PurProjet

A retenir

Vous avez la méthode et les outils pour lutter contre le réchauffement climatique et prendre votre part, aussi bien au niveau individuel que collectif (en entreprise, association, collectivité).

Commencer par comprendre le problème à résoudre est une évidence.

Changer ses habitudes, ses équipements ou ses modes de fabrication et ses produits demande du temps et des investissements. Planifier ces actions pour une mise en oeuvre progressive est nécessaire.

Agir, c’est aussi être ambassadeur et encourager vos proches à prendre leur part. Partagez, relayez, sensibilisez, comme animateur de la Fresque du climat par exemple, .

De nombreuses agences proposent des solutions pour élaborer un bilan carbone (BEGES), le suivre « online » et plus encore. Apidae, associé à de solides partenaires sélectionnés pour leur performance, accompagne les entreprises (TPE, PME et ETI) dans leur stratégie bas carbone. Notre approche opérationnelle se concentre sur les enjeux à fort impact (produits-clients-fournisseurs), pour minimiser le temps de collecte d’information (reporting) et maximiser le temps de mise en oeuvre d’actions.

Photo de Hernan Pauccara

12 raisons de s’engager dans une démarche RSE, maintenant

De nombreux dirigeants se posent la question de savoir s’ils allouent des ressources, humaines et financières, au déploiement d’une démarche RSE. Quelques éléments de réponse pour y voir clair.

Un relai de croissance puissant

1. La part des consommateurs attentifs à la responsabilité des entreprises et aux vertus environnementales et sociales des produits est devenue significative : 9 français sur 10 consomment BIO occasionnellement (65 % régulièrement, voir étude), 50% déclarent privilégier le made in France, etc.

2. la croissance des marchés durables est à 2 chiffres avec un fort potentiel d’avenir : véhicules électriques, l’économie du partage (blablacar, AirBNB, Uber), le marché du bio, les bâtiments performants, même dans la conquête spatiale le recyclage connaît un succès,

3. les grands groupes, engagés dans des démarches de Responsabilité Sociétale (RSE), cherchent à sécuriser davantage leurs approvisionnements avec des politiques d’achats responsables : ils sont donc à la recherche de fournisseurs engagés. Les PME – ETI ont une opportunité de s’ouvrir les portes des grands comptes.

Une image responsable, une marque employeur et une visibilité décuplée à moindre coût

4. Certains secteurs sont encore « vierges » d’offres durables. En étant pionnier, un nouvel acteur peut façonner le marché à son standard et bénéficier d’une image innovante,

5. les médias relayent abondamment les entreprises qui s’engagent en faveur de l’intérêt général : vous gagnez en visibilité avec un budget communication limité,

6. une démarche responsable est une occasion de constituer un écosystème avec toutes ses parties prenantes (fournisseurs, collaborateurs, distributeurs, consommateurs, acteurs locaux et citoyens). Tous ces acteurs sont autant d’ambassadeurs pour la filière et votre entreprise en particulier.

Compétitivité, écologie, gestion de la pénurie

7. A l’heure où la compétitivité des entreprises est un gage de succès, optimiser et réduire ses consommations de ressources et recycler ou choisir des matières premières recyclées est une méthode excellente pour réduire ses coûts, augmenter sa marge et préserver l’environnement. Mieux, c’est l’occasion d’anticiper et gérer les risques de pénuries de ressources qui pourraient survenir.

Anticiper la règlementation en étant aidé financièrement

Aux Pays-Bas, un proverbe préconise la vertu de l’anticipation en soulignant qu’il vaut mieux réparer son toit pendant qu’il fait beau. Les règlementations sur la santé (qualité de l’air, lutte contre les perturbateurs endocriniens), sur l’énergie (transition énergétique), sur l’environnement (recyclage, biodiversité) vont continuer à s’accentuer sous la pression de citoyens toujours plus exigeants pour leur santé et leur bien-être.

8. Dans le cas des marchés responsables, l’anticipation offre de réels bénéfices :

  • la démarche peut être subventionnée (par exemple la région PACA cofinance à 70% les jours de conseil : nous contacter),
  • l’entreprise prend un temps d’avance de 6 à 12 mois minimum sur ses concurrents,
  • l’entreprise peut valoriser un engagement volontaire quand il n’y a pas de réglementation (une fois la réglementation en vigueur, l’entreprise a l’obligation de l’appliquer).

Mobiliser ses collaborateurs sur des perspectives exaltantes

L’absentéisme, le « bore out » ou le manque d’engagement des collaborateurs sont en partie liés à un manque de vision et de perspectives.

9. En développant des projets qui associent le business à l’intérêt général, l’entreprise répond à une « quête de sens » exprimée par les collaborateurs, stimule leur engagement et dope l’attractivité de nouveaux talents.

Un gain de temps

Les grands donneurs d’ordres recherchent des fournisseurs engagés dans des démarches RSE et attendent de leur part des réponses précises à leurs questionnaires fournisseurs.

10. Formaliser une démarche RSE permet de créer un document ou un rapport, qui est le socle des réponses aux questionnaires fournisseurs mais aussi aux questionnaires des labels RSE (Ecovadis par exemple). Vous faites le rapport une fois et vous gagnez un temps précieux pour répondre aux questionnaires en renvoyant sur les pages du rapport.

A votre rythme et pas dans l’urgence

Selon le proverbe hollandais, « mieux vaut réparer son toit quand il fait beau ».

11. Déployer une démarche RSE sans contrainte permet de le faire à votre rythme en planifiant de manière optimisées vos ressources. Vous pourrez ainsi mobiliser vos parties prenantes dans un environnement serein avec des objectifs ambitieux et une méthode rigoureuse.
Si vous opérez dans l’urgence, parce qu’un important client met la pression ou que la règlementation le décide, ça sera beaucoup moins confort avec un résultats moins garanti.

L’intérêt général et celui de nos enfants sont aussi votre ambition

Développer une entreprise est déjà un défi majeur et contribue par ricochet à la création de richesses qui profiteront à la Société de manière directe (emplois) ou indirecte (via les impôts).

12. En créant des produits durables, respectueux de l’environnement et des hommes qui les fabriquent et les consomment, l’entreprise s’inscrit dans une démarche ambitieuse et prend sa part pour bâtir un monde meilleur. Au-delà du profit, les dirigeants comme les collaborateurs gagnent la fierté d’oeuvrer pour les générations futures.

RSE : définition selon 7 grands enjeux

La Responsabilité Sociétale des Entreprises – RSE est une démarche visant à concilier l’intérêt individuel des actionnaires avec l’intérêt général. La norme Iso 26000, créée comme un guide, dresse l’ensemble des enjeux auxquels une entreprise responsable doit répondre. Revue de ces enjeux.

Gouvernance

Pierre angulaire de la norme, la gouvernance est le « lieu » où l’entreprise engage sa responsabilité.
Comment ? Par la prise de décisions responsables et par l’allocation de moyens pour atteindre ses objectifs.
C’est au niveau de la gouvernance que s’inscrit le développement durable et sa déclinaison dans la stratégie.
En d’autres termes, sans volonté claire et affirmée de la direction, le développement durable sera au mieux un ensemble de mesures aux impacts environnementaux et sociétaux  marginaux et au pire une posture bienveillante.

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Les droits de l’Homme

  • Obligation de vigilance
  • Situations présentant un risque pour les droits de l’Homme
  • Prévention de la complicité
  • Mettre fin aux violations des droits
  • Discrimination et groupes vulnérables
  • Droits civils et politiques
  • Droits économiques, sociaux et culturels
  • Droits fondamentaux au travail

Pour rappel, la déclaration des droits de l’homme (parfaitement réalisée) :

Les relations et conditions de travail

  • Emploi et relations employeur – employé
  • Conditions de travail et protection sociale
  • Dialogue social
  • Santé et sécurité au travail
  • Développement des ressources humaines et formation professionnelle

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L’environnement

  • Prévention de la pollution
  • Utilisation durable des ressources
  • Atténuation des changements climatiques et adaptation
  • Protection et réhabilitation de l’environnement naturel

Le risque de raréfaction des ressources est un sujet prégnant pour les entreprises qui transforment des matières premières. Une explication là.

Les bonnes pratiques des affaires

  • Lutte contre la corruption
  • Engagement politique responsable
  • Concurrence loyale
  • Promotion de la responsabilité sociétale dans la sphère d’influence
  • Respect des droits de propriété
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Les questions relatives aux consommateurs

  • Bonnes pratiques en matière de marketing, d’informations et de contrats
  • Protection de la santé et de la sécurité des consommateurs
  • Consommation durable
  • Service après-vente, assistance et résolution des litiges consommateurs
  • Protection des données et de la vie privée des consommateurs
  • Accès aux services essentiels
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L’engagement vis à vis des populations locales et leur développement (sociétal)

  • Ancrage territorial
  • Education et culture
  • Création d’emplois et développement des compétences
  • Développement des technologies
  • Création de richesses et de revenus
  • La santé
  • Investissement social

Pour conclure,

L’iso 26000 est un outil qui éclaire les entreprises sur les questions à résoudre pour évoluer vers une démarche responsable et durable. Si la norme est très complète, elle nécessite un engagement significatif en termes de ressources pour la mettre en oeuvre.

D’autres référentiels existent pour piloter une démarche RSE, comme B-Corp par exemple.

Article illustré, merci à Voutch, dont les dessins et les textes sont affutés. Retrouvez son travail en librairie mais aussi sur voutch.com

Entreprises : évaluez gratuitement votre responsabilité sociétale

Votre entreprise contribue-t-elle un peu, beaucoup, énormément ou pas du tout à la construction d’un monde meilleur pour nos enfants ? Pour le savoir, de nombreux outils d’évaluation gratuits sont à votre disposition. Prenez quelques minutes pour découvrir le périmètre large de la responsabilité sociétale et évaluer les points forts et les axes de progrès de votre entreprise.

 

E-RSE, l’outil d’évaluation avec possibilité de certification en ligne

L’AFNOR propose un outil en ligne e-Engagé RSE qui permet d’avoir une évaluation sur les questions centrales de l’ISO 26000 avec 20 questions. L’ensemble  donne une vision fidèle des sujets prioritaires de responsabilité sociétale. La conclusion dresse un bilan global par risque social et environnemental (avec une note de A à E) puis les points obtenus pour chacune des 20 questions. La particularité de cette évaluation en ligne repose sur la possibilité de joindre des documents de preuve de chaque question et bénéficier d’un contrôle par un expert Afnor donnant lieu à des recommandations et  la possibilité de valoriser l’évaluation par l’affichage d’un logo-label « e-engagé RSE », moyennant 1000 €HT environ.
Voir l’outil d’évaluation

 

Mon entreprise responsable, avec une aide financière pour l’accompagnement RSE en prime

La région PACA et les CCI, accompagnées de partenaires publics et associatifs, proposent aux organisations de réaliser une évaluation RSE qui couvre quatre grands champs de la responsabilité sociétale. L’accès est simple et rapide. Outre l’intérêt d’avoir une photo sur la performance responsable de son entreprise, les entreprises qui ont leur siège en région PACA peuvent bénéficier d’une aide financière de la Région pour être accompagnées dans leur démarche de progrès : jusqu’à 3 jours de conseil financés à 70% par la Région, soit pour l’entreprise seulement 204 €HT / jour de conseil. Cerise sur le gâteau, les entreprises qui sont dans les départements du 04 / 05 / 13 et 84 pourront bénéficier de notre accompagnement en matière de RSE, de marketing et de communication responsable, puisqu’APIDAE a été retenu avec les agences Alphaé et Cerise par la Région PACA pour faire de la RSE un succès dans les entreprises. Nhésitez-pas à nous contacter pour en savoir +.
Voir l’outil d’évaluation

 

Auto-diagnostic iso 26000 : quick and clean

Le groupe de travail Centrale Ethique a réalisé une grille d’évaluation simple et rapide à implémenter. Les 7 questions centrales sont abordées à travers une volée de questions clés. En guise de résultats, une note pour chaque dimension. Un outil d’éveil avant tout.
Voir l’outil d’auto-diagnostic iso 26000

 

RSE et recommandations : Riposte Verte

L’association Risposte Verte, reconnue pour son action visant à limiter l’impact environnemental au bureau, a lancé un outil d’auto-évaluation RSE. Le questionnaire porte sur les 7 questions centrales de l’Iso 26000 (voir notre article iso 26000 illustré) de manière vulgarisée. Les résultats sont proposés sous forme de rapport très complet, avec un tableau de bord, les points positifs, des pistes de progrès (recommandations) et les bonnes pratiques. En bonus, des éléments pour communiquer de façon responsable et l’enregistrement de ses coordonnées pour progresser. Bref, un outil simple, redoutablement efficace et encourageant : bravo !
Nota : l’association propose un autre outil dédié à l’environnement : vous nous direz ce que vous en pensez.
Voir l’outil d’auto-évaluation

 

En bonus : évaluation d’évènements responsables (ADERE)

Cet outil permet aux responsables d’événements d’évaluer et de piloter leur démarche responsable. L’outil est très détaillé pour chaque phase du projet et offre la mémorisation des données. Informations pratiques et aide complètent le dispositif.
Voir l’outil de pilotage d’événements responsables

 

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Ecoles, collèges et lycées : comment faire du développement durable un levier de réussite ?

Au-delà de l’enseignement des thèmes liés au développement durable, les établissements scolaires ont beaucoup à gagner à s’inscrire dans une démarche de responsabilité sociétale (RS) : la réussite scolaire pour le plus grand nombre, une meilleure reconnaissance ou encore une dynamique territoriale valorisante, etc.
Pour aider les établissements du premier et second degré à déployer ce type de démarche et labelliser leurs actions durables, un référentiel est à leur disposition : le E3D. Illustration de la méthode avec des actions et réflexions sur les 7 grands enjeux qu’un établissement responsable doit intégrer dans son activité.

Gouvernance : des décisions collégiales au profit de tous

En se penchant sur la gouvernance, les établissements scolaires ont à mener des actions sur les points suivants :

  • dresser un état des lieux de ses parties prenantes, les consulter pour connaître leurs attentes et veiller à y répondre. Parmi les parties prenantes principales : les élèves, les familles, les enseignants, le personnel administratif, les représentants des collectivités locales, les syndicats professionnels mais aussi les associations locales, les représentants des riverains, les entreprises, les organisations de la santé et sécurité, etc.
  • analyser les enjeux et définir des priorités concernant la vie scolaire, la gestion de l’établissement, les partenariats avec les parties prenantes extérieures,
  • piloter et mettre en œuvre la démarche à l’aide de moyens et d’indicateurs. Les indicateurs sur les volets environnementaux, sociaux ou de performance d’activité permettent non seulement de mesurer les progrès mais aussi d’encourager les acteurs de la démarche. On pourrait imaginer par exemple un challenge avec les élèves sur la réduction des déchets, au sein de l’établissement ou inter-établissements,
  • rendre compte des résultats de la démarche (via le site Internet ou le tableau d’affichage) auprès des parties prenantes pour valoriser les efforts entrepris et démontrer combien l’établissement s’inscrit dans une démarche d’intérêt général.

Droits de l’Homme : encourager la citoyenneté

En menant des actions sur les droits de l’Homme, les établissements veillent à lutter contre les discriminations et contribuent à forger la citoyenneté des élèves. Parmi les réflexions et suggestions de solutions :

  • assurer le devoir de vigilance vis à vis des discriminations, par exemple en informant et en mettant à la portée des élèves des dispositifs de remontée d’informations anonymes concernant les discriminations, création de systèmes d’alerte pour les enseignants,
  • prise en compte de la diversité aussi bien dans le corps enseignant que parmi les élèves et sensibilisation des élèves à la différence, en créant par exemple des sessions « vis-ma-vie » : non voyant, handicap moteur, etc. Possibilité de favoriser l’égalité des chances en stimulant l’entre-aide entre élèves en difficulté et bons élèves. Le débat sur l’uniforme peut également être mené dans ce cadre,
  • éveiller les élèves sur les droits civiques et politiques en recréant par exemple des élections accompagnées de débats.

Améliorer les conditions et relations de travail

Cet enjeu se compose de plusieurs thèmes pour lesquels l’autonomie des établissements est plus ou moins forte :

  • nourrir les relations enseignants et personnel administratif avec l’employeur (l’état) mais aussi avec la direction de l’établissement et veiller à l’équité de traitement selon les types de contrat par exemple,
  • améliorer les conditions de travail : assurer des conditions décentes, organiser les horaires, revoir le règlement intérieur, traiter le fait religieux,
  • animer le dialogue social : création des conditions d’écoute et d’échange constructifs entre les acteurs,
  • assurer la santé et la sécurité au travail avec un plan d’actions et de prévention des risques physiques et psychosociaux, la mise en place de solutions face aux agressions et à la violence, création de procédures de gestion de crise. On peut également imaginer mener une réflexion et des actions pour trouver les solutions en cas d’absentéisme : procédures de remplacement, devoirs surveillés ou cours de substitution (mooc ?) ou sensibilisation sur des sujets spécifiques (cf. coach carbone ci-dessous)…
  • développer le capital humain : gestion des compétences, formations et évolutions professionnelles.

Aller au-delà de la préservation de l’environnement : contribuer à sa vitalité

Bien souvent, le développement durable est associé à la protection de l’environnement, c’est pourquoi les établissements investissent ce sujet. Néanmoins, les efforts pour l’écologie pourraient couvrir un périmètre plus large et de manière plus dense pour avoir une position non plus « défensive » (préserver) mais « active » (vitaliser). Petit inventaire des domaines d’actions à entreprendre :

  • la prévention de la pollution via l’évaluation des impacts et la sensibilisation des élèves et professeurs. Exemple : sensibiliser les élèves sur les impacts de leur comportement sur le réchauffement climatique avec le calculateur « coach carbone » (Ademe et fondation NH), ou création d’un potager dans l’enceinte de l’établissement, etc.
  • l’utilisation durable des ressources : réaliser le suivi des consommations d’eau, d’énergie, de matériel, et limiter leur consommation,
  • l’atténuation des changements climatiques : les postes majeurs issus des bilans carbone d’établissements (exemple) font ressortir en 1 l’immobilier, en 2 les intrants (cantine et autres) et en 3 les déplacements des élèves et des professeurs pour se rendre dans l’établissement. Si les transports en commun sont efficaces pour limiter les émissions de CO2, un établissement pourrait également stimuler le covoiturage,
  • la protection de l’environnement et la réduction des déchets : mener des action de lutte contre le gaspillage, comme ce lycée labellisé E3D pour diminuer le gaspillage du pain ou le lycée agricole de Charles Marie de la Condamine à Pézenas. A noter que les établissements sont tenus à présent de recycler les déchets organiques : une occasion de mesurer ce qui est recyclé et de montrer aux élèves le fruit de leur contribution. Autre exemple, lors des kermesses de fin d’année, les lots sont souvent des objets en plastique de fabrication asiatique dont la durée de vie ne dépasse pas l’heure : il serait préférable d’imaginer d’autres lots.

Questions relatives aux élèves : offrir de meilleures conditions de scolarité

Dans ce chapitre, les établissements vont pouvoir améliorer leurs pratiques pour que les élèves (et leurs familles) vivent au mieux la scolarité :

  • mieux informer les élèves et leurs familles : de nombreux progrès ont été réalisés avec les sites Internet (type Pronote ou Scolinfo, les alertes par sms, la prise de rdv parents-professeurs en ligne). Certains établissements vont même jusqu’à publier en début d’année le planning annuel de tous les événements,
  • veiller à la protection de la santé et de la sécurité des élèves dans l’enceinte scolaire, aux alentours ou lors de sorties. Par exemple, l’établissement Lacordaire anime un «Team santé» composé d’élèves et de professeurs sur les thématiques du harcèlement, du mal-être et des addictions. Les services d’aide publique (numéros 3977 contre la maltraitance, 3989 contre le tabac, etc.) ou d’associations reconnues pourraient également être davantage promus au sein des établissements,
  • sensibiliser sur les modes de consommation vertueux, thème majeur : lutte contre l’obsolescence programmée, valoriser l’intérêt du recyclage en menant par exemple des opérations de collecte de vêtements (qui pourraient être mis à disposition gratuitement pour d’autres élèves). Sur le volet alimentation, des actions sont également possibles comme cet exemple dans un lycée : menus et pédagogie,
  • gérer les litiges de façon coordonnée avec un suivi afin d’en réduire le nombre,
  • assurer la protection des données et la vie privée des élèves : sensibilisation à mener, notamment quant aux médias sociaux.

Le niveau de sensibilisation et d’acquis des élèves peut être évalué à l’entrée et à la sortie de l’établissement pour s’assurer des progrès accomplis. Une pratique réalisée par l’école de commerce Kedge.

Loyauté des pratiques : obtenir des résultats positifs avec éthique

Incongru pour des établissements scolaires ? Pas du tout ! A travers la loyauté des pratiques, il s’agit d’apporter des réponses à des sujets sensibles tels que la sélection des élèves et leur notation.

  • Les cas de sélection des élèves sont multiples : accès à un établissement spécifique, à une classe, à une option ou pour l’obtention d’un stage, d’une entreprise pour l’alternance par exemple. Le sésame pour la sélection : avoir un « bon dossier ». Les établissements gagneraient à être davantage transparents sur les critères de sélection et sur ce que constitue « un bon dossier », quitte à mener une réflexion sur ces critères en associant les parties prenantes. En effet, une concurrence loyale entre les élèves leur permettrait de mieux se préparer et modifierait peut-être leur comportement tout au long de la scolarité.
  • En ce qui concerne les notes, des systèmes « d’alertes » sur les écarts de notes entre les classes sont sans doute mis en oeuvre. Il pourrait également être imaginé  des indicateurs « consolidés » afin de prévenir d’éventuelles injustices qui tiennent certainement davantage du sentiment que de la réalité.

Développement local : cultiver les partenariats et les expérimentations

L’école n’est pas « hors sol » mais s’inscrit pleinement dans un territoire, tant ses interactions avec les parties prenantes extérieures sont nombreuses. C’est pourquoi l’école doit prendre sa part dans le développement de son territoire : elle le fait d’ailleurs de manière active. Ci-dessous quelques exemples d’actions menées sur le territoire de la métropole de Marseille :

  • développement des compétences et lien avec le monde économique : partenariat « Degun sans stage » entre les collèges des quartiers Nord de Marseille et les entreprises locales pour l’accueil de stagiaires « sans réseau » (initiative portée par l’entreprise Provepharm dans le cadre de sa démarche RSE), réalisation forums ou diners « métiers » avec des professionnels et des élèves,
  • sorties « reboisement » dans les collines du territoire par les élèves l’école de Pié d’Autry à Allauch ou collecte de déchets par les élèves du collège Yves Montand sur les plages marseillaises avec le concours de l’association Surf Rider,
  • contribution des élèves auprès d’associations humanitaires locales en donnant de leur temps : aide aux personnes sans domicile fixe ou aux personnes malades, « vente » de produits au profit d’associations caritatives, etc.
  • à cela s’ajoutent toutes les actions visant à favoriser le développement de la culture : sortie pour des spectacles vivants ou réalisation de spectacles ou semaine des arts, etc.

Faire équipe avec les parents

Si l’école tient son rôle d’enseignement, elle attend des parents qu’ils assument leur part d’éducation. Pourtant, une partie des parents ne se comporte plus comme un partenaire de l’école mais comme un procureur voire un abonné absent. Pour que les parents puissent devenir un acteur de la solution et non pas un contributeur de problèmes, il serait peut être intéressant d’expérimenter le « coaching parental ». Le fond et la forme de cette aide restent à imaginer.

Créer l’école de demain, reconnue pour son engagement sociétal

Si l’engagement dans une démarche de développement durable est exigeant, il est également très pédagogique puisqu’il s’agit de mettre en pratique dans l’établissement les sujets qui sont enseignés dans les manuels scolaires.
C’est aussi l’occasion pour une école, un collège ou un lycée, de mobiliser les enseignants, les élèves, le personnel administratif et les parties prenantes externes autour d’une mission passionnante : créer l’école de demain.
Mieux, en partageant cette même volonté et en faisant valoir ses actions (par exemple avec le label E3D), l’école gagne une reconnaissance dont elle a tant besoin pour jouer sereinement son rôle. En d’autres termes, si votre établissement s’inscrit d’ores et déjà dans cette démarche : structurez votre communication et faites-le savoir.

En savoir plus sur le Référentiel E3D ou le site de ressources PACA sur le DD (actions réalisées, contacts, établissements labellisés)

Les 7 grands enjeux sont issus de l’ISO 26000, référentiel international pour la responsabilité sociétale (développement durable).

La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer

Antoine de Saint Exupéry