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Affichage environnemental : les cosmétiques se font une beauté

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On y est ! Après les premiers essais d’une poignée de marques et distributeurs, 168 entreprises se sont lancées dans le test « grandeur nature » de l’affichage environnemental depuis le 1er juillet, et ce pendant un an.

Fidèle à sa vocation de vulgariser le développement durable, Apidae fait le point sur les types d’affichages « verts » proposés dans le secteur des cosmétiques par les marques volontaires suivantes : Le petit marseillais (Johnson&Johnson), L’Occitane, Garnier (L’Oréal), Natura Europa, l’Arbre Vert (Novamex), Pierre fabre et Weleda.

Critères

Le petit marseillais

L’Occitane

Garnier (1)

l’Arbre Vert

Pierre Fabre

Weleda

Produits concernés

Shampoing

Crème mains

Shampoing

shampoing et produits douche

Shampoing

Crème de beauté (a) + Shampoing douche (b)

Parties prenantes impliquées

Plusieurs

NC

Plusieurs

NC

Une

Plusieurs

Critères environnementaux

Indice CO2

X

X

X

X

X

X (a et b)

Ecotoxicité aquatique

X

X

X

X

X (b)

Consommation d’eau

X

X

X

X

X

X (a et b)

Epuisement des ressources non renouvelables

X (a)

Biodiversité

X

Emballages

X

X

Consommation d’énergie

X

Supports d’information

Site Internet

X

X

X

X

X

X

Lieu de vente

X

X

X

Autres

publicités Carrefour

téléphone portable

revue Weleda + hotline

Source : Ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement

(1) Garnier mène une action collective avec le distributeur Carrefour
Natura Europa : fiche non disponible
NC : Non Communiqué

Les unités de mesure des critères environnementaux
Indice CO2 : grammes équivalent CO2 (en savoir plus)
Ecotoxicité aquatique : pollutions de l’eau (en savoir plus)
Consommation d’eau : en litres
Épuisement des ressources non renouvelables / préservation de la biodiversité (en savoir plus)
Consommation d’énergie : Kilo Joules (KJ) (en savoir plus)
Emballages : en Kilo Grammes

Diversité de critères

On pouvait s’y attendre, et c’est l’intérêt de laisser la liberté aux entreprises, les critères environnementaux ont été nombreux et différents :
– La mesure du CO2 est un exercice imposé. Ce critère est incontournable pour sensibiliser les consommateurs au réchauffement climatique. En systématisant l’utilisation de ce critère sur l’ensemble des produits (et pas seulement sur les cosmétiques), le Ministère de l’écologie prend le pari que les consommateurs pourront se constituer une échelle de mesure et qu’ils seront capables d’évaluer l’impact fort ou faible d’un produit. Ce pari a été en partie gagné dans l’automobile, mais avec l’aide d’un bonus / malus financier qui attirait l’attention.
– Autre enjeu lié au réchauffement climatique, la rareté de l’eau. Les entreprises ont toutes plébiscité l’évaluation de la consommation d’eau du produit.
– La pollution de l’eau (ecotoxicité aquatique) est un critère pertinent pour les produits rincés (shampoings et gels douche) qui finiront dans les eaux « usées ».
– La préservation de la biodiversité ou l’épuisement des ressources non renouvelables sont des critères proposés par L’Occitane et Weleda sur des produits non rincés (crème). L’impact des ingrédients naturels est sans doute important pour ce type de produit. A noter également que ces 2 enseignes sont impliquées dans le développement de filières de matières premières et sont donc au plus près de la production agricole. Le choix de commencer l’affichage sur ce type de produit permet donc de faire partager (et valoriser) leur expérience de terrain (facilité aussi de collecte d’information).
– L’impact de l’emballage est un critère relevé par Garnier et l’Arbre Vert. C’est sans doute le critère le plus facile à comprendre par le consommateur : c’est un déchet avec une mesure en Kg. La présence de ce critère est une occasion d’aborder une stratégie globale sur les emballages : sensibilisation des consommateurs sur le recyclage, éco-conception, utilisation de matériaux «propres» ou de recharges (ce que pratique déjà l’Arbre Vert).
– Enfin, seule une entreprise évoque la consommation d’énergie. On est un peu troublé par l’utilisation de ce critère pour deux raisons : la première est que ce critère aurait pu être traité avec les émissions de CO2, et la deuxième est que l’unité de mesure est loin d’être connue du grand public (à l’exception de ceux qui se souviennent de leurs cours de sciences physiques au lycée). Les consommateurs jugeront sur pièce.

Ci-dessous l’exemple de l’affichage environnemental de Weleda

Exemple d'Affichage environnemental - Weleda

Exemple d'Affichage environnemental - Weleda

L’utilisation du produit : un impact majeur ?

Premier enseignement à la lecture de l’affichage du gel douche Weleda, l’impact majeur sur le climat est issu de la quantité d’énergie pour chauffer l’eau de la douche (2/3 des émissions d’Eq. CO2). C’est donc en phase d’utilisation du produit que l’impact est le plus important, contrairement à la phase de production qui représente « seulement » 30%. Ces proportions sont encore plus marquées pour la consommation d’eau : la quantité d’eau de la douche représente près des 9/10 ème de la consommation d’eau totale du produit.
A la lecture de ce premier exemple, on en déduit que si les entreprises de cosmétiques peuvent encore progresser pour limiter leur impact en matière de CO2 et d’eau, c’est surtout du côté des consommateurs que les marges de progression sont les plus fortes.
On attend à présent de voir les autres mesures sur les produits concurrents. Mais il ne faudra pas forcément s’attendre à des résultats comparables car les entreprises sont également libres de choisir leur méthodologie et le périmètre des mesures. Pas simple.

Défis

Les entreprises lancées dans le test de l’affichage environnemental acquièrent de l’expérience et s’ouvrent un espace de dialogue « responsable » avec leurs parties prenantes. A ce propos, certaines entreprises ont joué le jeu de l’ouverture en faisant appel à des représentants des consommateurs, sans aller jusqu’aux représentants de la préservation de l’environnement (dommage), mais cela viendra sans doute ?
L’affichage nécessite bien sûr de l’explication de texte : les concepts abordés sont nouveaux et l’échelle d’appréciation inconnue. Il s’agira de montrer les impacts de ces critères et de faire de la pédagogie (ce qu’à commencé à faire Weleda : cliquer ici).
Ensuite, aux consommateurs de tester et de s’exprimer. A ce sujet, une étude (voir l’étude) montrait que les consommateurs appréhendaient assez bien l’affichage en histogramme.
Quoi qu’il en soit, ces entreprises s’impliquent dans la connaissance de leur impact environnemental et dans la sensibilisation des consommateurs à ces enjeux majeurs, deux vrais défis. C’est une voie responsable qu’il est utile de valoriser et de rappeler.

En savoir plus sur l’opération affichage environnemental : voir le dossier de presse (dont exemples d’affichages existants)

Sur les cosmétiques durables, vous pouvez également lire nos articles :
Parfums et cosmétiques, tendance durable (et équitable)
Le supplément d’âme des parfums et cosmétiques issus du commerce équitable
Suivre l’actualité des parfums et cosmétiques durables sur une cartographie

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Christophe Mangalte, marketeur de formation, s'implique auprès des entreprises et organisations pour les aider à faire de leur offre le meilleur choix et bâtir un réseau de prescripteurs influents. Dans l’intérêt de tous (clients, fournisseurs, citoyens,etc.). Comment ? En pilotant chaque projet de A à Z : analyse « pratique » des attentes des clients et des parties prenantes, positionnement de l’entreprise, création d’offres produits innovantes et faciles d’accès, production de contenus pertinents, sélection des outils numériques les plus performants à moindre coût, réalisation graphique et technique de sites Internet fluides, performants et mobiles.

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