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Développement durable : cher et pas rentable ?

Une longue vue qui loucheA priori
Comme toute tendance croissante, le développement durable a ses détracteurs. Par idéologie ou tout simplement par manque de connaissances, la démarche durable et responsable rencontre des objections du type : « faire durable est coûteux », « engager une politique sociale rapporte peu » ou encore « les placements responsables sous-performent ».
Ci-dessous quelques réflexions pour apporter un autre point de vue sur la rentabilité d’une démarche durable.

Bâtiment
Le coût d’un bâtiment se ventile de la manière suivante : 5% pour la conception, 15 à 20 % pour la construction et 75 à 80 % pour l’exploitation. La démarche durable vient insister sur les postes de coûts principaux, à savoir l’exploitation (factures énergétiques, eau, etc.) et mettre en perspective des arbitrages sur la conception et la construction (équipement). Cette vision sur le long terme est évidemment gagnante : les exemples dans ce domaine sont pléthoriques.
Néanmoins, la démarche se heurte souvent sur un problème simple : celui qui paye l’ouvrage (ou les équipements) n’est pas celui qui l’exploite.  Des modèles restent à créer pour satisfaire ces deux parties prenantes.

Produits durables
Pour répondre à des attentes variées, les entreprises accumulent dans leur offre, au fil des ans, des options, services et autres spécificités qui complexifient la production et gonflent le nombre de produits par gamme. Au passage, les besoins de matières premières et d’emballages s’amplifient. La démarche durable a évidemment un coût à court terme, puisqu’il s’agit de rationaliser la production avec en filigrane l’objectif de consommer moins d’énergie et moins de matières premières, pour un résultat équivalent voire supérieur en termes de fonctionnalités (éco-conception). A moyen terme, on allège la dépendance énergétique, la facture fournisseur et la quantité de déchets, qui fera l’objet dans les prochaines années de réglementations plus strictes.

Collaborateurs soignés
Le premier semestre 2009 a été émaillé de très graves problèmes sociaux, la détresse des collaborateurs s’est exprimée parfois de façon violente. Loin des cas extrêmes, l’entreprise peut-être amenée à supporter le coût de l’absentéisme, du turn-over, des arrêts maladie, de la démobilisation et de la détérioration de son image sans réellement pouvoir l’apprécier. Une démarche durable sociale a un coût, celui de la communication interne, de la formation à tous les niveaux, de l’équipement des postes de travail, etc. Mais il est à parier que les retours sur investissements en termes de mobilisation, d’innovation, de climat social seront au rendez-vous. Sur la durée, la démarche durable conjugue social et rentabilité, les parties prenantes sont gagnantes. La valorisation des entreprises responsables en tire les bénéfices (voir ci-après).

Placements ISR
Dans le domaine de l’épargne, il n’est pas rare d’entendre que l’épargne responsable obtient des performances poussives. Le Directeur de la Recherche de l’UFG, Jacques NINET, éclaire ce débat et porte la contradiction. De manière vulgarisée, il souligne que les entreprises les mieux notées en termes d’ISR (Investissement Socialement Responsable) surperforment légèrement la moyenne, mais aussi que les entreprises les plus mal notées sous performent nettement (indices composés de 50 valeurs de l’Euro Stoxx 300). Voilà qui devrait encourager les actionnaires à investir dans des sociétés responsables et pousser les dirigeants sur une voie durable.
Nota : sans remettre en cause la qualité de l’étude, notez que l’UFG lance cet automne une gamme de fonds ISR.

Point de vue
Les bonnes pratiques mises en place par les très nombreuses entreprises étayent ces propos. Si vous avez des retours d’expériences, concluants ou pas, partagez les.
Tout est question de point de vue : à court terme, se lancer dans une démarche durable demande un investissement financier ou de temps ou de changements d’habitudes. Le résultat peut présenter une incertitude sur les délais de retour sur investissements. Néanmoins, on parie que le contexte économique (augmentation des prix de l’énergie, de l’eau, etc.), social (pression sur l’image responsable) et environnemental (aléas climatiques type canicule) viendront raccourcir ces délais.
L’important n’est pas de savoir qui a raison ou tort, mais plutôt à quel horizon vous entreprenez.

Crédit photo : http://www.flickr.com/photos/la_bretagne_a_paris/3847733265/

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